« Les Trois Sœurs » Anton Tchekhov

Du 10 au 22 novembre 2017

 
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NOTRE AVIS : UNE RÉUSSITE
-sélection novembre 2017-

Amoureux de Tchekhov bonjour ! Si vous aviez prévu d’écouter religieusement son texte, passez votre chemin. Ici on troque la vodka pour le mojito et les pétards, on cause Grinder, Ratatouille, et cross-fit. Et pourtant, l’essence tchékhovienne persiste à travers ces personnages qui ne savent pas être heureux. Un mal intemporel.


Faut que j’arrête de « grinder » je suis trop vieux pour ces conneries (…) oh putain j’ai mal au cul
  © Sandra Then

© Sandra Then


La pièce en bref

Quand on entend dès les premières minutes Irina dire « Va te faire foutre, tête de cul », on se demande en effet ce qu’on fout là, devant un casting 5 étoiles, une scénographie de luxe (maison disposée sur une plate forme tournante, dont chaque pièce est visible du public) mais pas grand-chose pour nous évoquer quoique ce soit de l’univers tchékhovien. Le metteur en scène Simon Stone a choisi de réécrire l’intégralité de la pièce pour en faire une œuvre totalement contemporaine, inscrite dans la mode du présent, avec les codes d’aujourd’hui. C’est pourquoi on entend parler de Taylor Swift, Facebook, Grinder, Playstation, Walking Dead et véganisme. Certains s’en trouveront irrités. D’autres y verront un hommage à Tchekhov, analyste de l’âme humaine qui indiquait en début de chacune de ses pièces qu’elle se produisait dans le présent. Or le présent d’aujourd’hui inclut toutes ces références. De la même façon, un dialogue extrêmement profond et existentiel peut être suivi d’un échange totalement futile. On comprend bien la démarche qui, bien que déroutante, suscite l’intérêt. En ceci on se doit de vous inviter à découvrir le spectacle. Et pourtant…

Et pourtant on peut aussi voir dans cette parole ultra quotidienne un excès de réalisme qui rend les personnages un peu creux, et les répliques parfois dignes d’un épisode des Feux de l’amour. Le metteur en scène s’en défend en arguant que le public a tendance à ne pas considérer comme artistique tout ce qui peut avoir trait à sa propre vie quotidienne et présente. D’accord. Mais peut-être que les textes de Tchekhov avaient la grâce d’être intemporels et donc de s’inscrire toujours dans une forme de présent. Or, adapter la pièce dans un univers très actuel la rend soumise à une forme de présent immédiat et éphémère. On est donc partagé jusqu’au bout du string chers spectateurs. Bonne nouvelle, ça veut dire que la pièce interloque même les vieilles loques.

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On a aimé

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ON A MOINS AIMÉ

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AVEC QUI FAUT-IL Y ALLER ?

  • Quelqu'un qui déteste Tchékhov (pour lui en montrer un sans qu'il le sache).
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ALLEZ-Y SI VOUS AIMEZ

  • Les maisons qui tournent.

Infos Pratiques

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Mise en scène  
Simon Stone

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Dates
10 nov. au 22 déc. 2017

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Horaire
20h (mar-sam)
15h (dim)

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Durée
2h35
(avec entracte)

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Adresse 
Odéon Théâtre de l'Europe
Place de l'Odéon
Paris 6

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Avec
Jean-Baptiste Anoumon, Assaad Bouab, Éric Caravaca, Amira Casar, Servane Ducorps, Eloïse Mignon, Laurent Papot, Frédéric Pierrot, Céline Sallette, Assane Timbo, Thibault Vinçon

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Prix
À partir de 8€
 


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