Tristan Barani,
Programmateur & Passionné

1 Avril 2016

Infos

Âge : 33 ans
Profession(s) : programmateur danse
Nationalité(s) : française
Signe distinctif : parle beaucoup, et tant mieux !

 

Tristan Barani

Actus

 Le Festival Ardanthé mobilisera son énergie à 200% jusqu'au 8 avril 2016 au Théâtre de Vanves.

J’aime prendre le risque d’accompagner quelqu’un dans sa recherche artistique.
— Tristan

L'interview

À l'occasion de l'édition 2016 du Festival Ardanthé, nous avons rencontré le formidable programmateur danse du Théâtre de Vanves, Tristan Barani.

 
 

Programmateur au Théâtre de Vanves, lieu majeur de défense de la jeune création, de l’émergence, quelle volonté t’anime dans tes prospections, tes choix de programmations, tes accompagnements d’artistes ?

Au Théâtre de Vanves, nous ne suivons pas de ligne artistique bien définie. Nous faisons exister un état d’esprit grâce auquel nos choix de programmations reflètent le décloisonnement des genres. Le lieu fonctionne ainsi, au croisement de nos envies, de nos énergies, de nos projets. Nous créons un terrain idéal de jeu pour l’expression de la transversalité. Se croisent le théâtre, la danse, la performance. Le Théâtre de Vanves ne diffuse pas, il soutient. Ma volonté, notre volonté, c’est ce soutien qui s’opère grâce aux accueils d’artistes en résidences, aux petites coproductions, en faveur de porteurs de projets singuliers, atypiques, iconoclastes. Identifier un artiste et l’intégrer dans « notre machine qui tourne », à côté de créateurs plus confirmés. J’aime prendre le risque d’accompagner quelqu’un dans sa recherche artistique, lui accorder de la confiance, de l’espace et du dialogue pour expérimenter. Beaucoup de belles rencontres naissent au Théâtre de Vanves. Nous voulons que le théâtre permette aux artistes de se sentir chez eux. Nous n’hésitons pas à
« enfoncer le clou » en programmant durant plusieurs saisons un créateur parce que nous sommes persuadés de la reconnaissance de son talent.


Te déplaces-tu souvent pour découvrir, suivre des artistes ? Fréquentes-tu certains lieux en particulier ?

En dehors du festival Artdanthé qui me mobilise presque quotidiennement, je sors quasiment tous les soirs. Je m’accorde quelques dimanches. Nous nous déplaçons souvent en équipe ce qui permet d’échanger, de confronter nos points de vue. Nous ciblons bien sûr des lieux plutôt alternatifs, des lieux de résidences d’artistes ou de répétitions. Nous assistons à des travaux d’écoles d’art. Le Théâtre de Vanves est à ce jour identifié comme une plateforme, un point de départ pour la promotion de la jeune création. Beaucoup d’institutions viennent découvrir des artistes chez nous. Pour citer quelques lieux avec lesquels nous avons beaucoup d’affinités, entretenons des collaborations fidèles : le Théâtre de Gennevilliers (T2G), le festival Actoral, la Ménagerie de verre, le Théâtre Paris-Villette, le Théâtre de la Cité Internationale, le Théâtre de la Bastille, le CDC Atelier de Paris-Carolyn Carlson

 

 

Parlerais-tu d’ « artistes phares » durant cette saison incluant le festival Artdanthé ?

Nous avons ouvert la saison 16-17 avec des artistes qui ont contribué à l’affirmation de l’identité d’Artdanthé, des artistes-symboles du projet du Théâtre de Vanves initié et porté durant de nombreuses années par l’énergie passionnée de José Alfarroba, comme Laëtitia Dosch ou Liz Santoro et Pierre Godard. Nous accompagnons et coproduisons Relative Collider de L.Santoro et P.Godard depuis 2013, en collaboration avec le CDC Atelier de Paris. Aujourd’hui, ce duo jouit d’une reconnaissance au niveau international. Durant Artdanthé, il nous était évident d’accueillir à nouveau Vincent Thomasset, Armel Roussel. Et puis, nous souhaitions accompagner des créateurs en leur offrant une résidence et l’occasion d’être programmés – notre volonté de soutien. Ce fut le cas avec Lorenzo de Angelis, Florence Minder, Eric Arnal Burtschy.


L’aventure du festival Artdanthé créé il y a dix-sept ans par José Alfarroba se poursuit avec la nouvelle direction du Théâtre de Vanves assurée par Anouchka Charbey. Peux-tu évoquer certains changements et perspectives ?

Le changement principal du 18e Artdanthé réside non pas dans le fond mais dans la forme. Nous avons souhaité conserver la ligne tracée par José mais nous lui avons donné un nouvel espace. Le festival a une durée inférieure. Il durait parfois presque trois mois. Cette année, nous offrons un mois au cœur duquel les week-ends s’apparentent à des micro-festivals. Les semaines débutent le samedi où dix à douze artistes se produisent. L’occasion de dévoiler des work in progress, des installations, des performances. Concentrer cinq à dix projets durant le week-end engage une nouvelle énergie et crée une autre émulation. Cette édition 2016 représente un test logistique pour ce format de festival. En modifiant le rapport au temps, nous développons une autre façon de travailler avec l’énergie engagée par toute l’équipe. Artdanthé exprime la volonté de présenter toujours plus de très jeunes artistes « particulièrement fragilisés en ces temps troublés, et dont l’énergie, l’audace, le questionnement et les impertinences parfois, sont plus que vitales pour notre société» comme l’a justement écrit Anouchka dans l’édito du festival.

 
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Ton dernier grand souvenir de spectateur de danse/théâtre ?  

Avec Umwelt de la chorégraphe Maguy Marin, j’ai été fasciné par la modernité de cette pièce, par cette œuvre qui traverse le temps en y puisant toujours davantage de force. By Heart de Tiago Rodriguez, auteur, metteur en scène et directeur du Théâtre National de Lisbonne, m’a ébloui par son intelligence, sa sensibilité – un travail incroyable.

 

Merci Tristan et à bientôt !