Olivier,
comédien & hors norme

10 Février 2016

Infos

Âge : 33 ans
Profession(s) : comédien
Nationalité(s) : française
Signe distinctif : élève aussi des poules et des abeilles.

 

Actus

En ce moment à l'affiche de la pièce
Des territoires (nous sifflerons la Marseillaise)  au Théâtre Ouvert jusqu'au 19 février 2016.
 

Même si je joue le rôle d’un handicapé mental, ça n’a pas été un rôle difficile.
— Olivier

L'interview

Rencontre avec Olivier, comédien atypique, en ce moment à l'affiche de la pièce Des territoires , et dont la performance dans le rôle d'un jeune handicapé  nous a littéralement scotchés le soir de la première. Retour sur un parcours (très) prometteur.

 
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Comment devient-on comédien ?

Après le bac, j'ai commencé par une licence de philo, et j'ai laissé tomber au bout de deux mois. Je n'avais pas fait beaucoup  de théâtre, mais j'avais envie de voir ce que c'était. Jusqu'à ne plus vouloir faire que ça. Je me suis lancé, j'ai fait de la mise en scène et monté une compagnie. Ça a duré deux ans. Après je suis rentré au Conservatoire de Poitiers, parce que j'avais l'intuition qu'à un moment ou à un autre il faudrait bien apprendre des choses ! J'avais 20 ans. J'ai tenté l'École Régionale d'Acteurs de Cannes, je l'ai eu, et j'y suis allé. Après, j'ai continué à travailler avec des gens rencontrés à l'école, comme c'est d'ailleurs le cas avec Des territoires


Peut-on gagner sa vie en tant que comédien ?

Oui, j'ai plutôt de la chance de ce côté-là. Ça nous arrive à tous d'accepter des projets qui nous plaisent moins, mais dans la compagnie on arrive tous à vivre de ce métier. En sortant de l'école, on prend un peu tout ce qui passe. De mon côté j'ai toujours travaillé sur des trucs qui me plaisaient, et pratiquement sans interruption, ce qui est vraiment chouette. 

 

 

Raconte-nous une journée type.

Généralement le matin je m'occupe de mes projets, je fais de la prod', je réponds à mes mails et je passe des coups de fil. Le soir je joue, et après je vais boire des coups. Quand je suis en période de répète, j'essaye de dégager un peu de temps pour faire autre chose. On répète en général six à sept semaines avant la pièce. Ce qui est paradoxal, c'est qu'au final je vais assez peu souvent au théâtre. J'ai pas mal de copains qui jouent que je ne peux jamais voir, mais ça fait partie du métier. 


Comment fonctionne un groupe de comédiens?

Avec des anciens amis de l'école, on a monté un groupe qui s'appelle l'IRMAR : l'Institut des Recherches Menant à Rien. C'était une aventure collective, avec une ligne artistique bien nette. Quand on a été obligés de devenir une compagnie pour recevoir des fonds, on a voulu créer une structure qui puisse permettre à chacun de mener des projets indépendants tout en continuant à travailler ensemble. Ça a donné l'OUTIL. On produit et on diffuse des projets. Je travaille avec des amis, donc on se marre. Avec Des territoires, c'est la première fois qu'on travaille ensemble sur un texte. Baptiste (Amann) a écrit ce texte en pensant déjà à chacun d'entre nous. Même si je joue le rôle d'un handicapé mental, ça n'a pas été un rôle difficile, parce que c'est très bien écrit. J'avais peur d'être caricatural, mais je crois qu'on a réussi à faire en sorte que ce ne soit pas le cas !

 
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Qu'est-ce que tu fais lorsque tu n'es pas comédien ?

J'ai une maison à la campagne, j'élève des poules et des abeilles. Je vais aussi souvent ramasser des champignons dans la forêt et boire des coups avec mes potes chasseurs. Je suis souvent à Paris pour travailler, mais dès que j'ai un moment, je préfère aller à la campagne. J'ai grandi entre la ville et la campagne, et j'ai vraiment besoin des deux. Je ne viens pas d'une famille d'artistes, pour tout dire mon père était dentiste et a encore aujourd'hui des abeilles. J'ai beaucoup d'amis comédiens qui ne sont pas nés dans ce milieu-là non plus.


Quel serait ton meilleur souvenir de comédien ? 

Ce n'est pas un très bon souvenir, mais en tout cas je peux te raconter un souvenir marquant. Ca s'est passé pendant les répétitions de la toute première pièce de Baptiste, les Anthropophages, en 2008. C'était à la Maison du Comédien - Maria Casarès, à Alloue en Charente. C'était la fin des répétitions et on présentait un filage (répétition qui s'effectue dans les conditions réelles de représentation) à la directrice de l'époque, une grande dame qui nous a beaucoup soutenus. Elle était seule dans les gradins, en plein milieu. A la fin de la pièce j'avais une scène où je m'énervais en déchiquetant des feuilles de papier avec un hachoir de boucher. C'était assez physique et je transpirais beaucoup... Et le hachoir, dans un mouvement un peu brusque, m'a échappé des mains et a volé vers les gradins.  Le hachoir est passé à 50cm de notre spectatrice d'exception. Je ne sais pas qui d'elle ou de moi en a le plus cauchemardé, mais j'ai pris une bonne leçon et depuis je ne blague plus avec les régisseurs généraux qui nous bassinent avec les règles de sécurité !

 
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Merci Olivier et à bientôt !