Collectif Les Filles de Simone

Claire Fretel, Tiphaine Gentilleau & Chloé Oliveres
25 Octobre 2015

Infos

Naissance : 2014

Profession(s) : comédiennes et metteuse en scène

Nationalité(s) : françaises

Signe distinctif : La mère de Chloé s'appelle vraiment Simone. 

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Actualité

À l'affiche du Théâtre du Rond-Point dans C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde jusqu'au 31 octobre 2015 .

En tournée du 4 au 7 novembre 2015 au théâtre Le Prisme à Élancourt (78) et le 13 novembre 2015 au Théâtre Eurydice à Plaisir (78)

 
Et ben, les filles, y a encore du boulot !
— Simone de Beauvoir (si elle avait pu voir la pièce)
 

L'interview

En ce moment à l'affiche au Théâtre du Rond-Point, C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde aborde avec humour et dérision la difficulté de notre génération à devoir assumer le lourd héritage légué par les Simone(s) des années 1950. Mais qui sont Claire Fretel, Tiphaine Gentilleau et Chloé Olivères, alias Les filles de Simone ? Réponses en cinq questions. 

Affiche  C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde  au Théâtre du Rond-Point  © Stéphane Trapier

Affiche  C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde  au Théâtre du Rond-Point  © Stéphane Trapier

Votre spectacle montre la difficulté qu'il y a à concilier travail et maternité, notamment en tant que comédienne. En devenant mère, avez-vous déjà songé à arrêter ?

Non, même si être mère et comédienne peut vite devenir difficile, car il faut gagner sa vie alors même que le fait d'avoir des obligations familiales peut être bloquant pour un metteur en scène. Fonder ce collectif a été une manière de réconcilier l'irréconciliable : pendant le montage de la pièce, on a décidé de créer notre propre rythme de travail, compatible avec nos obligations familiales. Ce projet rejoint aussi notre engagement artistique : en devenant mère, quelle femme a-t-on envie d'être ? On peut s'interroger. Décide-t-on d'être comédienne en dilettante ou doit-on en profiter pour prendre la parole ? Nous voulons dire par là que le fait de devenir soudainement responsable d'un autre être a été un véritable moteur artistique.

Il y a beaucoup d'humour chez Les Filles de Simone. Vous proposez aux spectateurs d'admirer des photos de vos enfants sur vos téléphones, ou encore de déguster du placenta (habilement remplacé par du boudin noir, tartiné sur de petits toasts, ndlr). C'est de l'autodérision ?

C'est rire pour ne pas pleurer ! L'humour est venu tout seul. Au départ on ne voulait pas faire une comédie, et pourtant le public rit beaucoup. Est-ce que c'est un rire libérateur ? Un rire d'effroi ? Est-ce que les gens rient parce qu'on va trop loin ? C'est ce rire-là qui nous intéresse. Les excès permettent de dévoiler les choses. Pendant les répétitions, on riait beaucoup.

Parfois, on se disait :  « Là c'est pas possible, on ne peut pas ! » et finalement on gardait. Cette pièce, on l'a construite ensemble, c'est à la fois un travail d'écriture et d'improvisation.

Logo du collectif Les Filles de Simone 

Logo du collectif Les Filles de Simone 

Est-ce qu'il y a du vécu dans ce que vous montrez ?

La scène de l'accouchement est en réalité inspirée de mon pire
cauchemar : la « salle sauvage ». C'est un concept né dans les années 1970, durant lesquelles il y a eu des tentatives parfois complètement saugrenues pour aider les femmes à mieux vivre l'enfantement, dont cette fameuse « salle sauvage ». J'imaginais une femme peinturlurée, derrière des lianes, à poil, qui hurlait les yeux révulsés. Jouer la scène de l'accouchement m'a permis d'extérioriser cette angoisse ! C'est parti d'une improvisation, et ça nous a fait tellement rire qu'on l'a gardée. Beaucoup de choses sont venues comme ça. Il faut juste casser les mythes. Ils se brisent naturellement lorsque tu les vis, mais beaucoup ont encore envie de croire à la « maternité délice » dont on parle dans la pièce ! 


Comment entrevoyez-vous le futur des Filles de Simone?

On va poursuivre ensemble, et conserver notre manière de travailler. On veut continuer à creuser ce sillon là, qui nous semble important. Il faut que les choses changent, et notamment dans le milieu de la culture. À l'époque du Rapport Reine Prat de 2006 sur l'égalité des sexes, la parité hommes-femmes était presque du même niveau que dans l'armée ! Depuis, le Ministère de la Culture commence à nommer des femmes à des postes de direction, et les choses commencent à bouger. Les filles de Simone, c'est aussi une volonté de créer un noyau et de dire qu'on peut encore faire des choses ! 

À votre avis, qu'est-ce que Simone de Beauvoir aurait dit en voyant le spectacle?

Et ben, les filles, y a encore du boulot !

Gif.Simone de Beauvoir

Alicia Dorey


Merci de nous avoir lus !