Aurélien,
Comédien & Meilleur interprète

28 Mars 2016

Infos

Âge : 22 ans
Profession(s) : comédien
Nationalité(s) : française, chinoise & malgache
Signe distinctif : vient de remporter le prix de la meilleure interprétation masculine à l'occasion du Festival Rideau Rouge, partenaire des 5 Pièces. 

 

Aurélien Feng

Actus

Sa pièce Mon Polymonde sur le polyhandicap, avec Sophie Mihran et Marie-Catherine Conti, (prix du Rond-point & de la MPAA en mise en scène et écriture, lauréat de la Fondation de France) sera jouée au Théâtre de la Jonquière du 11 au 14 mai 2016. 

Lecture de Neverland  (David Léon) à Théâtre Ouvert le 26 mai 2016.

Je me demandais comment j’allais pouvoir jouer certains rôles sans être blond aux yeux bleus.
— Aurélien

L'interview

Rencontre avec Aurélien, l'un des participants du programme 1er Acte organisé pour la seconde année consécutive par Stéphane Braunschweig, ancien directeur du Théâtre National de la Colline, et Stanislas Nordey, actuel directeur du Théâtre National de Strasbourg.
Ces ateliers d'acteurs entendent ouvrir la profession à de jeunes comédiens issus de la diversité.

 
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Comment es-tu devenu comédien ?

Je ne sais pas pourquoi j'ai commencé à faire du théâtre. J'avais cinq ans la première fois. Le souvenir le plus lointain qui se rattache au théâtre est un spectacle dans lequel jouait ma grande sœur. C'était Notre Dame de Paris. Je me souviens avoir adoré! J'ai ensuite harcelé mes parents pour en faire, et ils m'ont inscrit dans un club du village. Au début, c'était juste une activité extrascolaire, ils n'étaient pas inquiets. Quand j'ai passé une audition pour entrer dans la troupe de Carine Reggiani et que j'ai commencé à tourner dans des spectacles musicaux pour enfants, c'est devenu plus sérieux. Suite à cela, mon parcours est somme toute assez classique, je suis entré au Conservatoire départemental d'Orsay, où j'étais d'ailleurs beaucoup plus souvent qu'au lycée! Puis j'ai intégré l'Ecole départementale de théâtre de l'Essonne pendant deux ans. Aujourd'hui, je suis au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique. Tout s'est fait un peu au fil de l'eau, je ne connaissais même pas ces formations avant d'y entrer.


As-tu déjà ressenti une forme de discrimination ?

Au départ je ne voulais pas postuler pour 1er Acte, j'avais peur que ce soit réducteur. J'avais assisté au débat de la première saison, qui avait été très animé. C'est là que j'ai réalisé que le sujet était extrêmement sensible. Pour ma part, j'ai déjà ressenti une forme de discrimination, mais je l'excusais, car je me disais que c'est un métier où le physique prime: en cas de refus, ça peut simplement vouloir dire que tu ne corresponds pas aux critères. En revanche, je me demandais comment j'allais pouvoir jouer certains rôles sans être blond aux yeux bleus! C'est grâce à 1er Acte que j'ai réalisé que cette absence de comédiens issus de la diversité sur les scènes nationales n'était plus excusable, et que les mentalités devaient évoluer. Ça m'a vraiment ouvert l'esprit.

 
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Raconte-nous une journée type.

La journée je suis en cours, et le soir je vais au théâtre. J'ai aussi beaucoup de projets à côté. Aujourd'hui par exemple, j'étais en résidence de création à Boussy-Saint-Antoine, ensuite j'ai rendez-vous avec un agent, et ensuite je vais voir un spectacle à Théâtre Ouvert. Je peux dire que mes journées ne se ressemblent jamais!


Comment vois-tu ton futur dans la profession ?

Au début, je papillonnais entre théâtre, danse et chant, et je réalise aujourd'hui tous les croisements possibles entre les trois disciplines. Longtemps je n'ai pas eu conscience de ce lien. Au départ je n'aimais pas la « danse-théâtre », mais des artistes comme Pina Bausch ou Maguy Marin m'ont fait changer d'avis. Je m'essaye aussi à la mise en scène, et vais monter un spectacle au Théâtre de la Jonquière au mois d'avril prochain. Lorsque je pense à mon futur dans la profession, je me dis que l'idéal serait de faire le lien entre tout ça.

 
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Est-ce que tu vas voir des spectacles en tant que spectateur ?

J'ai eu la chance d'avoir rencontré durant mon parcours quelqu'un qui a été un peu mon mentor, Mathieu Touzé. C'est lui qui m'a tout appris, qui m'a dit d'aller au théâtre, de lire, alors que je n'avais pas l'habitude de le faire. C'est grâce à lui que j'ai rencontré Stanislas Nordey, et que j'ai connu le Théâtre de la Colline. Je suis rapidement tombé en admiration devant son travail, et depuis je le suis partout. Aujourd'hui je vais énormément au théâtre, et je ne lis plus seulement les textes que je dois jouer. J'essaye de m'ouvrir à un maximum de choses.


Quel serait ton meilleur souvenir de scène ? 

Ma plus belle rencontre a été Audrey Bonnet dans Clôture de l'amour. Elle me donne à chaque fois une envie incroyable de faire du théâtre. J'ai vu cette pièce quatre fois, et je ne m'en lasse pas. En tant qu'acteur, je dirais mon rôle dans Le Garçon girafe, au Théâtre de l'Epée de bois. C'était la première fois que je jouais dans un si grand théâtre, et j'en garde encore un souvenir très marquant.

 
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Merci Aurélien et à bientôt !