« Tristan et Isolde : 
Salue pour moi le monde! »
de Joëlle Bouvier

Du 23 mars au 1 avril 2016

A ne pas manquer

Notre avis : À NE PAS MANQUER
-sélection mars 2016-

Après Roméo et Juliette en 2011, Joëlle Bouvier retrouve le ballet du Grand Théâtre de Genève pour une croisière chorégraphique tempétueuse tirée de Tristan et Isolde, le grand opéra romantique de Richard Wagner. A savourer sans retenue à Chaillot en mars, puis à Sceaux en mai. 


Comme dans mon existence je n’ai jamais goûté le vrai bonheur que donne l’amour, je veux élever à ce rêve un monument. J’ai ébauché un Tristan et Iseult.
— Richard Wagner
© Grégory Batardon

© Grégory Batardon


La pièce en bref

Ce soir, le tapis de scène de Chaillot est verni et brille comme une eau calme. Miroir d’où semble surgir Isolde,  comme portée par le vent qui s’engouffre dans sa longue cape ondulante de soie rouge. L’eau se trouble. La tempête menace. Elle fait bientôt rage et ne cesse qu’une heure et demie plus tard, nous laissant éblouis, enchantés, comme si nous avions nous-même bu le philtre d’amour qui porte Isolde et Tristan l’un vers l’autre, envers et contre tout, jusqu’à la mort. Tristan, neveu du roi Mark de Cornouailles, doit ramener la belle Isolde à son oncle qui veut l’épouser. Isolde ne veut pas de ce mariage et choisit d’en finir. Elle partage avec son geôlier un philtre qu’elle croit être un poison mortel. « Salue pour moi le monde!», dit-elle alors en guise d’adieu à sa servante qui s’est en fait trompée de flacon. Une folle passion s’ensuit, d’abord en mer, puis à la cour où les amants sont découverts. Tristan blessé par le roi dans un simulacre de combat où il n’a pas tiré l’épée, s’exile et meurt au moment même où Isolde le rejoint.  

Joëlle Bouvier est audacieuse de s’être ainsi attaquée à ce grand mythe en empruntant à Wagner sa musique somptueuse et ses moments d’anthologie : le prélude, le duo de l’acte 2, la mort d’Isolde… On imagine l’indignation des wagnériens orthodoxes aux coups de ciseau qu’elle a dû pratiquer dans une partition de plus de 4 heures. Mais elle en tire un ballet splendide, tout entier inspiré de la mer où se joue l’essentiel. Les 22 danseurs du ballet de Genève y font merveille. Sarawanee Tabatanit est une Isolde sensuelle et légère. Elle semble un temps marcher sur l’eau et dans les airs, suspendue aux cordages, dans une course éperdue au bonheur où elle entraîne son Tristan, le fragile et beau Geoffrey Van Dick, aussi touchant dans le triomphe de l’amour que dans la disgrâce de l’exil, entortillé à sa béquille de guerrier blessé. Il faut enfin avoir vu tous ces danseurs, allongés côte à côte, tanguant et roulant d’un bout à l’autre du plateau en une mer agitée où viennent s’engloutir les deux héros finalement vaincus, pour comprendre ce que l’expression « corps de ballet » veut dire. 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé 

  • La beauté plastique de cette danse,  jamais bêtement narrative, où le mouvement prime, le style Bouvier en un mot.
  • La lumière subtile de Renaud Lagier qui sait aussi bien sculpter que fondre les corps des danseurs.
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On a moins aimé

  • Est-ce un effet de la lenteur musicale du Prélude, entre images flashes et fondus au noir,  le ballet manque de fluidité et  tarde à vraiment se lancer.
  • Les passages chantés - en allemand-ne sont pas surtitrés. 
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un fan de Woody Allen, qui dit un jour bêtement : « Quand j’entends Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne ! »

Allez-y si vous aimez

  • Wagner en version digest
  • Les histoires d’amour comme on n’en fait ou vit plus


Infos pratiques

Mise en scène  
Joëlle Bouvier

Dates
23 mar. au 1 avr. 2016

Horaire
20h30 (mer-sam)
19h30 (jeu)

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Durée
1h30

Adresse
Théâtre National de Chaillot
1 Place du Trocadéro
Paris 16

Avec
Sarawanee Tanatanit, Geoffrey Van Dyck,     Armando Gonzalez Besa, Sara Shigenari, Yumi Aizawa, Céline Allain, Louise Bille, Ornella Capece, Andie Masazza, Virginie Nopper, Angela Rebelo, Lysandra Van Heesewijk, Madeline Wong, Valentino Bertolini, Natan Bouzy, Zachary Clark, Vladimir Ippolitov, Xavier Juyon, David Lagerqvist, Nathanaël Marie, Simone Repele, Nahuel Vega

Prix
-27 ans: 18€
+27 ans: 37€


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