« Tout contre »
d'après Patrick Marber

Du 21 au 29 février 2016

Mi-figue, mi-fgue

Notre avis : MI-FIGUE, MI-FIGUE

Quatre acteurs, une vingtaine de spectateurs, et un café pour théâtre. « Tout contre » est une expérience particulière, entre performance et représentation classique, qui amènent à explorer les limites du théâtre. Malheureusement, l’ensemble manque de dynamisme et de puissance !


Ça ne vous fait rien de voler la vie des gens ?
© Clem.

© Clem.


La pièce en bref

Il y a une attente précieuse avant une représentation comme celle de « Tout contre ». Non pas une volonté féroce d’être éblouie, mais bien une envie d’être légèrement bouleversée. Petit comité de spectateurs, double dizaine, chaleur d’un bar confié à la troupe pour l’occasion - l’expérience commence. Le texte est celui de Patrick Marber, une exploration des désirs plus ou moins contrôlés de quatre individus, deux femmes et deux hommes, dans un New-York de la fin des années 90. L’un est écrivain, l’autre est médecin, la troisième photographe et la dernière strip-teaseuse. Tous ont une certaine image d’eux, tâchent de s’y conformer, d’obéir aux codes de la société en matière d’amour et de couple. Pourtant, dès que les affections font un pas de côté, dès qu’il faut désirer un autre que celui ou celle dont on partage la vie, les personnages semblent soudainement totalement perdus. Tous sont lâches, incapables de prendre les bonnes décisions. Ce qu’ils aiment, ce n’est pas l’autre, c’est ce sentiment d’un amour présent que l’autre provoque en eux. D’où une impression de supplication constante ; personne ne veut demeurer seul. Tristesse des cœurs et des corps.

La pièce serait parfaite pour ce type de représentation, puisque ne fait qu'interroger les notions d'affection et des sexualité. Mais c'est là où le bât blesse : l’immersion est censée provoquer des sensations nuancées, mais fortes – autant de bien-être que de malaise. Là, il y a de la musique, un texte un peu gauche, des corps déshabillés. Mais il n’y a pas d’odeurs, de cris véritables, de douleurs, d’amour, d’attirances. On est en présence d’une certaine fausseté qui dérange. Certes, nous sommes au théâtre, lieu par excellence du geste factice. Mais oui, nous sommes au théâtre, le lieu de la croyance la plus grande. Et si, à vingt centimètres d’un acteur, vous ne sentez pas son désir, sa colère, son désarroi, c’est qu’il manque quelque chose. Il faut y mettre plus de cœur !

 
 

Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Être guidé par la lumière à chaque changement de scène.
  • Les photos de l'exposition fictive d'Anna.
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On a moins aimé

  • L'absence de lien entre certaines scènes.
  • Le manque d'énergie.

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un couple

Allez-y si vous aimez

  • Les expériences immersives
  • Voir le désir (et le théâtre) prendre une forme nouvelle

 


Infos pratiques

Mise en scène  
Sébastien Bonnabel
Clémence Demesme

Dates
21 au 29 fév. 2016
(reprise en avril)

Horaire
20h (lun)
18h (dim)

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Durée
2h

Adresse
Le Co
15 rue d'esclangon
Paris 18

Avec
Marie Hennerez, Barbara le Toux (en alternance avec Marie Combeau), Eric Chantelauze, Philippe de Monts

Prix
unique : 20€
 


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