« The Last Supper »
d'Ahmed El Attar

Du 9 au 15 novembre 2015

Une réussite

Notre avis : Une réussite

Une révolution, vraiment ? Rien ne semble pourtant troubler la tranquillité de la bourgeoisie égyptienne dans The Last Supper, portrait au vitriol d'une famille cairote, quatre ans après la chute de l'ex-président Hosni Moubarak.


Les bonnes : des créatures sans pudeur et sans foi. De la vermine, Madame !
© Mostafa Abdel Atty

© Mostafa Abdel Atty


La pièce en bref

Une famille se retrouve pour le dîner. Ils sont onze autour de la table, représentants d'une classe dominante  qui continue à vivre comme si rien n'avait changé. Les conversations vont bon train, on rit, on s'embrasse, on s'impatiente avant l'arrivée du Général, invité très attendu par le patriarche. Il ne se passe rien, et pourtant tout l'intérêt de la pièce réside dans la vacuité des dialogues, symptomatique de l'indifférence généralisée des élites envers l'avenir de leur pays. Sombrant à peine dans la caricature, les personnages débattent à l'envi sur des sujets allant de la ville méritant le titre de capitale du shopping au pays qui fournira les « bonnes » les plus dociles.  On comprend que ces gens-là voyagent, consomment, dépensent, et vivent des expériences dont ils ne font rien.

C'est avant tout la manière dont les comédiens occupent la scène qui attire notre attention : le père, toujours au centre, parle d'argent plus fort que les autres, tandis que les invités sont disposés autour de lui par ordre d'importance. À ses côtés, le Général et les hommes de la famille, puis les femmes, réduites à occuper un coin de table, et les domestiques à rester debout.  La direction d'acteur, derrière un naturel apparent, est extrêmement bien maîtrisée, et rien ne semble avoir été laissé au hasard. Au gré de leurs chamailleries, les membres de cette détestable élite nous amusent autant qu'ils nous ennuient , pour mieux nous faire oublier qu'au dehors, le pays entier attend sagement que la révolution porte ses fruits.

Alicia Dorey


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On a aimé

  • Le selfie familial, à la fois drôle et pathétique.
  • Les plats qui défilent sur la table, dont une magnifique tête de bœuf à laquelle personne ne prête attention.

On a moins aimé

  • Certains détails culturels échapperont à certains, car ils demandent une connaissance assez fine du monde arabe contemporain.

Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un  révolutionnaire
  • Votre oncle d'Amérique

ALLEZ-Y SI VOUS AIMEZ

  • Les printemps arabes
  • La classe dominante

Infos pratiques

Mise en scène 
Ahmed El Attar

Dates
 9 au 15 nov. 2015

Horaires
20h30 (lun-ven-sam)
19h30 (mer-jeu)
15h (dim)

Durée.png

Durée
1h
 

Adresse
T2G
41 av. des Grésillons
92230 Genevilliers

Avec
Mahmoud El Haddad , Mohamed Hatem,
Marwa Tharwat , Boutros Boutros-Ghali,
Abdel Rahman Nasser, Ramsi Lehner,
Nanda Mohammad, Mona Soliman,
Sayed Ragab

Prix
-30 ans : 13€
+30 ans : 24€


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