« Rouge Décanté »
de Jeroen Brouwers

Du 2 au 18 décembre 2015

Une réussite

Notre avis : Une réussite

Une plongée troublante dans le camp d'internement japonais où l'auteur fut enfermé avec sa mère durant la Seconde Guerre mondiale. 


Ma mère saigne de là où j’ai autrefois surgi d’elle comme un pavé.
© Dirk Sancken

© Dirk Sancken


La pièce en bref

Rouge Décanté, c'est un homme seul qui traîne son corps et son passé sur un plateau presque désert. Sa mère vient de mourir. Lentement, il égrène ses souvenirs, élevant la voix comme pour chasser un fantôme, devenant parfois à peine intelligible, riant comme un fou, pleurant comme un enfant. Son histoire le poursuit depuis qu'il a quitté le camp d'internement japonais dans lequel il est resté enfermé avec sa mère, sa grand-mère et sa sœur durant la Seconde Guerre mondiale. Il décrit méthodiquement les horreurs dont il a été témoin, avec une naïveté presque pathétique, derrière laquelle on entrevoit les conséquences désastreuses de ces évènements sordides sur l'homme qu'il est devenu.  « Nulle chose existe qui n'en touche une autre », répète-t-il inlassablement. On le comprend, car sa vie était déjà détruite avant d'avoir commencé. 

Plongés dans l'univers intime et suffocant du prodigieux interprète qu'est Dirk Roofthooft, nous avons la sensation de pénétrer à l'intérieur de son cerveau, et jusque dans le ventre de sa mère, dont il aurait aimé ne jamais sortir. Sa silhouette apparaît sur les écrans disposés autour de lui, grâce à un subtil jeu de caméra qui ne fait qu'amplifier un sentiment  d'angoisse dont il ne parvient pas à s'extraire. La seule chose à reprocher à ce très beau spectacle reste sa longueur. Ces 110 minutes semblent durer une éternité. Peut-être a-t-on aussi voulu nous faire ressentir, l'espace d'un instant, l'angoisse du souvenir et de l'enfermement. 

Alicia Dorey


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • La reconstitution de l'espace mental de l'auteur, grâce à un jeu de caméras savamment orchestré.
  • Le texte, poignant, est une plongée dans l'intimité d'un homme brisé par l'horreur des camps japonais.
  • Découvrir un pan méconnu de la Seconde Guerre Mondiale.
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On a moins aimé

  • La pièce gagnerait à être beaucoup plus courte, et l'on en ressort épuisé !  
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un ami sujet à des crises d'angoisse
  • Vos parents s'ils ont vécu la guerre

Allez-y si vous aimez

  • Critiquer les Japonais
  • Les récits de guerre


Infos pratiques

Mise en scène 
Guy Cassiers

Dates
2  au 18 déc. 2015

Horaire
20h (mar-sam)
17h (dim)

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Durée
1h40

Adresse
Théâtre de la Bastille,
76 rue de la Roquette
Paris 11

Avec
Dirk Roofthooft

Prix
-30 ans :19€
+30 ans : 26€


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