« Richard III »
de William Shakespeare

Du 6 au 13 février 2016

Mi figue, mi figue

Notre avis : MI-FIGUE, MI-FIGUE

Avec cette mise en scène de Richard III, Thomas Jolly nous livre un dernier volet shakespearien où le spectaculaire l'emporte sur l'émotion. 


Toi flétrissure des entrailles de ta mère affligée !
© Brigitte Enguérand

© Brigitte Enguérand


La pièce en bref

Alors accrochez-vous, les histoires de royauté sont rarement simples, et Richard III en est un parfait exemple. Duc de Gloucester, Richard est un homme que la laideur a rendu vil et cruel. Pour accéder au trône d'Angleterre, il entreprend  d'éliminer les membres de sa propre famille, à savoir son frère et ses neveux, mais aussi d'anéantir ses potentiels rivaux, ne craignant ni le crime ni l'injustice, et encore moins la consanguinité.  À grands renforts de combines et d'assassinats, le « monstre » accède enfin au pouvoir, et devient un véritable tyran, ne tardant pas à faire sombrer le royaume dans le chaos. Lors de rares moments d'émotion, on devine sans peine la solitude et le désarroi de cette odieuse créature, qui n'a d'autre choix que de s'aimer elle-même. Si les mots de Shakespeare nous transportent par quelques fulgurances, les comédiens semblent avoir du mal à se plonger dans cet univers à la fois sombre et anarchique, et préfèrent donner de la voix plutôt que du sens à un texte pourtant incroyablement riche. En voulant moderniser un classique, on prend le risque de faire quelques faux pas, à l'instar d'une scène de couronnement rythmée par un air techno-rock et une chorégraphie un peu trop travaillés pour créer un véritable effet de surprise. 

Les inconditionnels de Shakespeare aimeront sans aucun doute cette version audacieuse et décalée d'une tragédie réputée difficile, et oublieront le léger manque d'intensité qui prévaut du côté de l'interprétation pour mieux se concentrer sur tout le reste. Les lumières, un des points forts de ce spectacle, installent une atmosphère très cinématographique, à laquelle viennent s'ajouter des décors et des costumes à couper le souffle. On en oublierait presque l'essentiel, à savoir une réflexion passionnante sur le pouvoir, la marge et la difformité. Dommage ? Pas forcément, car l'on a de bonnes raisons de penser que le jeune prodige Thomas Jolly a encore une belle carrière devant lui.

Alicia Dorey


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On a aimé

  • Les trois reines, réunies devant les tableaux des hommes qu'elles ont aimés, absolument sublimes.
  • Un final éblouissant.
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On a moins aimé

  • L'intervention des comédiens au milieu du public, un peu facile.
  • Le côté « show », réussi mais mal dosé.

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un ami pour qui Shakespeare est le symbole d'un théâtre passé de mode

Allez-y si vous aimez

  • Les querelles royales et consanguines
  • Être impressionné par les décors


Infos pratiques

Mise en scène  
Thomas Jolly

Dates
6 jan. au 14 fev. 2016 

Horaire
19h30 (mar-sam)
15h (dim)

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Durée
4h30
(entracte de 30 min)

Adresse
Théâtre de l'Odéon,
Place de l'Odéon
Paris 6

Avec
Damien Avice, Mohand Azzoug, Etienne Baret, Bruno Bayeux, Nathan Bernat, Alexandre Dain, Flora Diguet, Anne Dupuis, Émeline Frémont, Damien Gabriac, Thomas Germaine, Thomas Jolly, François-Xavier Phan, Charline Porrone, Fabienne Rivier

Prix
-28 ans: à partir de 7€
+28 ans: à partir de 14€


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