« Retour de Kigali »
d'Olivia Rosenthal & Dorcy Rugamba

Du 8 au 10 avril 2016

Une réussite

Notre avis : UNE RÉUSSITE

Théâtre Ouvert n’a jamais aussi bien porté son nom et sa vocation que ces trois soirs d’avril en accueillant le co-projet de l’auteure engagée Olivia Rosenthal et du metteur en scène rwandais Dorcy Rugamba consacré à la mémoire du génocide rwandais.


Ce sont nos larmes qui ont rempli tous les lacs de la région.
© Théâtre Ouvert

© Théâtre Ouvert


La pièce en bref

Cette « soirée-performance », fruit d’un atelier de mémoire sur le génocide rwandais entre 12 locaux nés juste avant 1994 et 4 français issus du master de création littéraire de Paris 8, démarre comme une simple lecture : des chaises sont disposées ici et là, aux pieds desquelles d’innombrables feuilles volantes s’amoncellent, témoins vivaces du laborieux et délicat travail d’archivage, de questionnements interculturels et d’écriture littéraire autour de l’histoire violente d’un pays qui, finalement, questionne l’humanité toute entière. Un montage vidéo projeté en toile de fond suit la course effrénée d’une fourmi sur une rambarde de bois. On écoutera plus tard l’une des jeunes participantes expliquer que « les fourmis font le choix de la vie (…) et qu’elles sont prêtes à disparaître et se réapproprier un nouveau territoire jusqu’à ce qu’un soupir de la géante ne les délogent à nouveau ». L’image est nette, précise et pudique. Une sensation retrouvée au travers de tous les autres textes créés par ce collectif, utilisant des schémas narratifs variés pour faire retentir un récit post-mémoriel fécond. La langue oscille entre le conte traditionnel, le slam et le témoignage, à l'instar du récit de cet enfant qui ne s’accorde plus le droit d’aller à l’école car il doit être le témoin des derniers instants de ceux qui sont du mauvais côté de la rive.

On s’interroge sur l’origine de ces écrits : sont-ils fiction ? Sont-ils réalité ? Qu’importe. Le message passe. Puissant et délicat. Sans voyeurisme apitoyé. Cette terre meurtrie et divisée peut ainsi s’emparer de son histoire grâce au récit croisé de ses enfants, porteurs irrémédiables des traces du passé, et celui d’autres cultures confrontées aux mêmes questions existentielles de « l’être » humain. Le Rwanda, ce « Paradis perdu » (pour l’une des lectrices), se pare, ce soir-là, d’un baume annonciateur d’une cicatrisation fructueuse.

 
 

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On a aimé

  • Le slam incroyablement poétique de l’auteur-compositeur franco-rwandais Gaël Faye.
  • La simplicité absolue de la mise en scène jouant seulement sur les lumières et la force des mots.
  • L’utilisation de multiples styles narratifs.
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On a moins aimé

  • Le montage vidéo un peu pauvre (mis à part l’analogie avec l’histoire de la fourmi).
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un passionné de contes et légendes
  • Un élève de Sciencespo qui a trop bien appris de ses manuels d'histoire et pas assez de la vie

Allez-y si vous aimez

  • Les spectacles qui font réfléchir


Infos pratiques

Mise en scène  
Olivia Rosenthal
Dorcy Rugamba

Dates
8 au 10 avr. 2016

Horaire
20h (ven-sam)
16h (dim)
 

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Durée
1h15

Adresse
Théâtre Ouvert
4bis, Cité Véron
Paris 18

Avec
Mandali Léon Athanase, Amélie Durand, David Lopez, Louise Mutabazi, Natacha Muziramakenga, 
Olivia Rosenthal, Dorcy Rugumba

Prix
-30 ans : 3€
+30 ans : 5€


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