« Répétition »
de Pascal Rambert

Du 18 au 27 novembre 2015

Une réussite

Notre avis : UNE RÉUSSITE

 Chez Pascal Rambert, c'est le texte avant tout. Tant pis si cela déplaît à certains, et si une partie du public sort de la salle. Cela reste du grand théâtre.


On a rarement vu quelqu’un naître, tout dire, et mourir !
© Marc Domage

© Marc Domage


La pièce en bref

Quatre personnages sont debout dans un gymnase et se tournent le dos. Comme toujours chez Pascal Rambert, chacun s'appelle par son prénom, et va prendre la parole pour ne plus la lâcher durant une demi-heure, criant, jetant sa haine et sa rancœur à la figure des trois autres. Stan, metteur en scène, est celui qui ne voit rien. Denis, dramaturge, serait capable de tuer pour accoucher de son œuvre. Emmanuelle, comédienne, est l'amante des deux. Audrey, enfin, est aussi comédienne, et pleure sur ses espoirs perdus. Ivres de colère les uns envers les autres, on apprend qu'ils travaillent et jouent ensemble depuis plus de vingt ans, qu'ils ont voyagé jusqu'en Géorgie pour faire mûrir un projet de pièce sur Staline, et qu'ils ne se supportent plus les uns les autres, car « le désastre, c'est le groupe. ». Ils sont tous excellents, et portent un texte merveilleux, quoiqu'extrêmement exigeant. Si l'on veut aimer et comprendre, notre attention ne doit pas faiblir une seule seconde, tant rien ne semble laissé au hasard. 

Ceux qui ne souscrivent ni à l'écriture de Pascal Rambert, ni à la diction si particulière de Stanislas Nordey, et encore moins à l'emphase d'Emmanuelle Béart, pourront se consoler dans l'humour qui traverse la pièce de bout en bout. Quel auteur peut se vanter de nous faire monter les larmes aux yeux de rire avec des phrases telle que « la vie intérieure est une gerboise » ? En dépit de quelques longueurs, on ne peut que recommander cette pièce, qui invite à une réflexion sur le théâtre, mais interroge aussi notre capacité à nous concentrer sur un texte, quitte à devoir oublier un peu le reste.

Alicia Dorey


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On a aimé

  • L'humour de Stanislas Nordey, irrésistible dans le rôle du metteur en scène faussement guilleret et sautillant.
  • La simplicité de la mise en scène, qui laisse le talent des acteurs se déployer tout au long de la pièce. 

On a moins aimé

  • Quelques longueurs, durant lesquelles on en vient à se demander où tout cela va nous mener. 

Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un ami amateur de théâtre, ou très patient

ALLEZ-Y SI VOUS AIMEZ

  • Les pièces centrées sur le texte
  • Les gymnases

Infos pratiques

Mise en scène 
Pascal Rambert

Dates
 18 au 27 nov. 2015

Horaires
20h30
 

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Durée
2h15
 

Adresse
Théâtre
National de Chaillot, 1 Pl. du Trocadéro,
Paris 16

Avec
Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Denis Podalydès, Stanislas Nordey

Prix
+ de 27 ans : 41€
- de 27 ans : 20€


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