« Réparer les vivants » 
de Maylis de Kérangal

Du 8 au 17 avril 2016

À ne pas manquer

Notre avis : UNE Réussite
 

Mettre en scène un roman sur la mort accidentelle d'un fils, voilà qui aurait bien pu se résumer à un simple tire-larmes, reposant uniquement sur la force du texte et non sur un quelconque dispositif scénique. À notre grand étonnement, c'est l'inverse qui se produit. 


Que subsistera-t-il, dans cet éclatement, de l’unité de son fils ?
© Elizabeth Carecchio

© Elizabeth Carecchio


La pièce en bref

Beaucoup d'entre nous ont lu le roman de Maylis de Kérangal. Certains par réel intérêt, d'autres pour faire comme tout le monde, plus rarement par le plus grand des hasards, tant on en a entendu parler lors de sa parution en janvier 2014. L'histoire est assez banale : Simon, jeune adolescent passionné de surf, meurt des suites d'un accident de voiture. Artificiellement maintenu en vie, ses parents doivent faire face à un choix aussi brutal que décisif : leurs fils aurait-il accepté que ses organes soient prélevés ? Était-il assez « généreux » pour sauver la vie d'un autre, à un âge où ce n'est pas franchement une qualité première ? À quelques centaines de kilomètres, une femme attend sa greffe. Le cœur de Simon va devenir le personnage central d'un récit dont l'intérêt réside davantage dans les questions éthiques qu'il soulève que dans la pure narration.

Le véritable génie de ce spectacle ne repose pas sur le texte, mais justement sur la façon dont il parvient à s'en extraire. L'alternance entre l'obscurité des souvenirs et la lumière crue du bloc opératoire, le tapis roulant sur lequel Vincent Dissez marche, court, manque de tomber tout en récitant des passages du livre, le rythme saccadé de ses paroles englouti par la musique, tout concourt à nous faire oublier le roman au profit d'une performance d'acteur hypnotisante, portée par une scénographie qui frôle la perfection. 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Le tapis roulant sur lequel le comédien reproduit chaque soir la même course contre la montre.
  • La scène entre les deux parents dans la voiture, d'une violence inouïe. 
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On a moins aimé

  • Le texte, assez inégal une fois mis en scène.
  • Le volume de la musique, parfois inutilement assourdissant. 
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un ami qui ne pleure que sous la torture, si vous ne voulez pas l'entendre renifler dès le premier quart d'heure

Allez-y si vous aimez

  • Le roman de Maylis de Kerangal (malin!)
  • Les questions morales


Infos pratiques

Mise en scène 
Sylvain Maurice

Dates
8 au 17 avr. 2016

Horaire
20h (mar-jeu)
19h (ven)
16h (sam-dim)

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Durée
1h20

Adresse
Théâtre Paris Villette
211 bvd Jean Jaurès
Paris 19

Avec
Vincent Dissez,
Joachim Latarjet

Prix
-30 ans : 12€
+30 ans : 20€


Merci de nous avoir lus, maintenant allez-y !