« Réparer les Vivants » 
de Maylis de Kerangal

Du 7 septembre au 9 octobre 2016

À ne pas manquer

Notre avis : À NE PAS MANQUER
 

Emmanuel Noblet transplante sur la scène du Rond-Point le roman de Maylis de Kerangal avec la subtilité et la précision d'un chirurgien qui greffeles organes d'un jeune de 19 ans, mort à l'aube et dont le cœur rebattra le soir.


C’est le vertige horizontal, il est au ras du monde.
© Aglaé Bory

© Aglaé Bory


La pièce en bref

Vêtu d'une blouse blanche d'hôpital dont les pans volants rappellent les ailes d'un albatros, Emmanuel Noblet tournoie, danse et monte sur une chaise avant de redescendre sur terre pour nous annoncer la mort d'un jeune surfeur amoureux, Simon Limbres. On est captivés tout de suite, tant par la poésie que revêt soudainement le jargon médical que par la douleur sourde des parents qui ne peuvent s'extirper du présent du drame. Le narrateur nous transporte de personnage en personnage, nous raconte leurs nuits agitées avant la garde à l'hôpital, leurs amours, leurs craintes. On se retrouve, le temps de la pièce, face à la mort, d'habitude "soustraite au regard, évacuée à l'hôpital où elle est prise en charge par des professionnels".

Simon est donneur d'organes. L'urgence de l'intervention prend alors le pas sur la lenteur de la peine. Les morts et les vivants virevoltent entre Paris et Le Havre pour insuffler une nouvelle vie à des patients en attente de greffes. Le temps se calque sur les battements du cœur de Simon – c'est de lui que part la vie, c'est chez lui que s'entame le décompte. Il est aussi beau sur sa table d'opération que dans les vagues qui l'avaient embarqué dans leur joyeux roulis le matin-même. L'opération est longue, complexe, éreintante. Des formes se dessinent en fond de scène, un air de jazz nous entraîne dans un sas entre la vie et la mort, sorte de zone grise où le temps est suspendu et les mots flottent comme par magie. La mise en scène est précise, sobre et accorde parfaitement sons et lumières avec la poésie du texte de Maylis de Kerangal. On plonge dans le récit comme dans un bocal étanche, où tout le monde retient son souffle jusqu'au dénouement. A 5h49, le lendemain de la mort de Simon, son cœur rebat.

Dans le public, les "bravo" fusent.


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • La bande-son venue de l'espace.
  • Le jeu pur et sincère d'Emmanuel Noblet.
  • Les jeux de lumière.
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On a moins aimé

  • Que ça se termine.
  • Certaines voix off.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un cœur d'artichaut.
  • Un grand-père cardiaque.
  • Un interne démotivé, pour lui redonner du baume...au cœur !

Allez-y si vous aimez

  • Le théâtre qui vous prend aux tripes.
  • L'accent italien.
  • Les discussions graves autour de la machine à café.


Infos pratiques

Mise en scène 
Emmanuel Noblet

Dates
7 sept. au 9 oct. 2016

Horaire
21h (mar-sam)
15h30 (dim)

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Durée
1h30

Adresse
Théâtre du Rond-Point
2bis av. F. Roosevelt
Paris 8

Avec
Emmanuel Noblet

Prix
-30 ans : 16€
+30 ans : 31€


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