« Qui a peur de Virginia Woolf ? »
d'Edward Albee

Du 8 janvier au 3 avril 2016

A ne pas manquer

Notre avis : À NE PAS MANQUer
- Sélection FÉVRIER 2016-

Derrière ce titre énigmatique, fredonné sur l'air de Qui a peur du grand méchant loup ? se cache une question terrible : « Qui a peur de vivre sans illusions trompeuses ? » 


C’est même comme ça que je te préfère… furieux… Mais t’es quand même une lope, George...
© Dunnara Meas

© Dunnara Meas


La pièce en bref

À l'issue d'une réception, Martha et George rentrent chez eux. Leur intérieur est à l'image de leur relation : oppressant, faussement hospitalier, un peu sali dans les coins. Martha est ivre, et semble prête à continuer la soirée, sous le regard réprobateur de son mari. Au cours d'un chassé-croisé de répliques assassines, dont la vigueur et la cruauté vous glacent le sang, Martha annonce que des invités sont sur le point de les rejoindre. Entre alors un couple de jeunes trentenaires tiré à quatre épingles, issu de la bonne société américaine, et dont la fausse candeur réveille encore davantage chez leurs hôtes la volonté d'en découdre. Nos quatre personnages vont se livrer à un petit jeu de la vérité éminemment cruel, à grand renfort de brandy et « d'alcool à brûler ». Car l'alcool est un personnage central de la pièce, à la fois support et accélérateur de tous les vices de Martha : 

" Je pleure tout le temps. Et Jojo aussi pleure tout le temps. Nous pleurons tout le temps, tous les deux et après… Nous recueillons nos larmes et nous les mettons dans le frigidaire jusqu’à ce qu’elles soient toutes gelées… et… après… nous les mettons dans… nos… verres. "

Les coups bas s'enchaînent à un rythme effréné. Le voile tombe sur l'immense solitude de chacun, et les limites imposées par la bienséance d'une middle class américaine futile et hypocrite ne tardent pas à voler en éclats. Le public assiste au combat, retenant son souffle, mi-amusé, mi-terrifié par ce tourbillon de haine et de manipulation. On en oublierait presque que l'on est au théâtre, tant les comédiens maîtrisent leur rôle avec une assurance et une verve éblouissantes. Impossible de ne pas s'identifier à l'une ou l'autre de ces quatres âmes à la dérive, ni de rester insensible à cette satire sociale féroce et démoniaque.

 
 

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On a aimé

  • Le texte, fin, drôle, intelligent, d'une cruauté absolue.
  • Le personnage de Martha, complexe et bouleversant, superbement interprété par Dominique Valadié.
  • L'état de tension dans lequel la pièce nous maintient sans discontinuité.
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On a moins aimé

  • Rien. Tout est parfait d'un bout à l'autre.

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Votre âme sœur

Allez-y si vous aimez

  • Le petit jeu de la vérité
  • Mettre vos relations en péril

 


Infos pratiques

Mise en scène  
Alain Françon

Dates
8 jan. au 3 avr. 2016

Horaire
21h (mar-ven)
15h (dim)

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Durée
2h

Adresse
Théâtre de l'Œuvre
55 rue de Clichy
Paris 9

Avec
Dominique Valadié, Wladimir Yordanoff, Julia Faure, Pierre-François Garel

Prix
-26 ans :10€ les mardis
+26 ans : à partir de 17€


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