« Polyeucte » 
de Corneille

Du 10 au 21 janvier 2017

Une réussite

Notre avis : À NE PAS MANQUER

Superbe adaptation d'une tragédie sacrée qui vous fera frôler la crise de foi, mais pas celle que vous croyez.


Je vous aime, beaucoup moins que mon Dieu, mais bien plus que moi-même.
© Pascal Gély

© Pascal Gély


La pièce en bref

Polyeucte, seigneur arménien fraîchement marié à Pauline, se convertit au christianisme. À peine baptisé, le voilà fanatique, parti renverser les statues du temple romain accompagné de son acolyte et maître spirituel Néarque, un crime passible de mort. Ça vous rappelle rien ? Comme le père de Pauline est le gouverneur de la province, il tente de raisonner son gendre, l’implore de « faire semblant » de renoncer à sa foi – il faut savoir que l’empereur Décius déteste les chrétiens, et lui craint pour son poste. Là-dessus se ramène Sévère, premier amour de Pauline, romain revenu auréolé de la gloire des combats. Il essaye de reconquérir sa douce mais Pauline, pleine d’honneur, fait taire ses sentiments et résiste. Or Polyeucte, bien décidé à en finir avec la vie, confie son épouse à Sévère. Celle-ci prend ça pour le pire des outrages, et, touchée par la foi à la mort de son mari, décide de le suivre dans cette voie. Finalement, le gouverneur lui-même est illuminé par la grâce, et se fait chrétien à son tour.

Brigitte Jaques-Wajeman ne s’arrête pas là, et place dans la bouche de Sévère les mots de Nietzsche : « Les martyrs furent un grand malheur dans l’histoire : ils séduisirent ». Parti pris qui fait débat. En tous cas, la pièce de Corneille raisonne de manière vraiment étonnante avec notre actualité. Dans l’Arménie « colonisée » par Rome, ce fou de Dieu qui tient la vie en piètre estime n'est pas sans rappeler nos fanatiques contemporains.


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Entendre la langue de Corneille comme jamais.
  • L'interprétation très fine du texte, et l'érotisme rarement montré qui s'en dégage.
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On a moins aimé

  • Les rires dans la salle (comment ça, nous sommes sinistres?)
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un spécialiste de Corneille devant l'Éternel.

Allez-y si vous aimez

  • Les tragédies.
  • Un bon classique.


Infos pratiques

Mise en scène 
Brigitte Jaques-Wajeman

Dates
10 au 21 jan. 2017

Horaire
20h30 (lun-sam)
 

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Durée
2h

Adresse
Théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses
Paris 18

Avec
Pascal Bekkar, Clément Bresson, Pauline Bolcatto, Timothée Lepeltier, Aurore Paris, Marc Siemiatycki, Bertrand Suarez-Pazos

Prix
-30 ans : 18€
+30 ans : 30€


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