« Oblomov »
d'Ivan Gontcharov

Du 1er au 13 décembre 2015

Seulement s'il pleut

Notre avis : SEULEMENT S'IL PLEUT, ET SEUL

Quoi de mieux pour ne pas mourir que d'être déjà mort ? C'est la question que nous pose le personnage d'Oblomov dans cette adaptation très inégale du roman russe d'Ivan Gontcharov.


Quand on ne sait pas pourquoi on vit, on vit n’importe comment, au jour le jour.
© Mathilde Priolet

© Mathilde Priolet


La pièce en bref

Oblomov est un jeune aristocrate russe, dont le quotidien se résume à rester allongé, occupé à attendre que le temps passe. Réfractaire à toute prise de décision, son personnage a donné naissance à un état psychologique que l'on appelle  « l'oblomovisme », mélange de fatalisme, d'apathie et de mollesse proche de la dépression. Autour de lui, les autres s'affairent, écrivent, boivent et tombent amoureux. Leur frénésie ne fait que conforter Oblomov dans sa décision de se retirer à la campagne, afin de retrouver le paradis perdu de son enfance. Il prétend passer le plus clair de son temps à élaborer un « plan », celui d'un départ prochain et définitif. Ce qu'il y a d'intéressant dans ce personnage est sa capacité à nous faire croire à ses sursauts de vie : lorsqu'il tombe sous le charme de la belle Olga, nous le croyons tiré d'affaire. Il n'en est rien. Ruiné, il part s'installer dans une petite chambre dont il ne sortira plus jamais, choyé par une maîtresse de maison dont la simplicité et la bonhomie suffisent à le retenir. 

 Si l'on doit reconnaître une volonté de modernité dans la mise en scène, avec notamment un accompagnement musical assez réussi, cette adaptation du roman d'Ivan Gontcharov peine à convaincre. Le texte, pourtant passionnant, sonne souvent faux, et se noie dans l'exagération des comédiens, qui n'hésitent pas à forcer le trait de la bouffonnerie, du drame ou de la sottise. Malgré quelques très beaux moments de théâtre, et l'interprétation touchante du personnage d'Olga, on ressort de ce spectacle avec le sentiment d'être passé à côté de l'essentiel. 

Alicia Dorey


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • La fluidité avec laquelle les scènes se succèdent, dans cette version (très) raccourcie du chef d'œuvre d'Ivan Gontcharov.
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On a moins aimé

  • La lourdeur du personnage de Zakhar, dont les chutes à répétition finissent par lasser. 
  • Une distribution très inégale, certains comédiens tirant vainement la couverture à eux tout au long de la représentation.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un ami oisif et paresseux

Allez-y si vous aimez

  • La littérature russe
  • La guitare électrique


Infos pratiques

Mise en scène 
Dorian Rossel

Dates
1 au 13 déc. 2015

Horaire
20h

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Durée
1h30

Adresse
Le Monfort,
106 rue Brancion

Paris 15

Avec
Rodolphe Dekowski, Xavier Fernandez-Cavada, Elsa Grzeszczak,Jean-Michel Guerin, Fabien Joubert, Delphine Lanza, Paulette Wright

Prix
-30 ans : 16€
+30 ans : 25€


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