« Notre crâne comme accessoire »
des Sans-Cou

Du 8 au 26 mars 2016

Une réussite

Notre avis : À NE PAS MANQUER
-sélection MARS 2016-

Quelle place donnerait-on au théâtre en temps de guerre ? Occuper une scène constitue-t-il un acte de résistance ? Les Sans Cou livrent une réponse qui donne envie de jouer, de rire, de chanter… de vivre tout simplement !


Plus de théâtre, plus de troupe. Plus de troupe, plus de groupe. Plus de groupe, la solitude. La solitude, la mort.
©  Ghislain Dorglandes

©  Ghislain Dorglandes


La pièce en bref

Qu’est-ce que le Théâtre ambulant Chopalovitch ? L’histoire d’une troupe de théâtre qui, en 1941, débarque dans un petit village serbe occupé par l’Allemagne nazie pour y jouer Les Brigands de Schiller. Les habitants sont terrorisés par ce qui se passe au dehors : dénonciations, arrestations, actes de barbarie. Est-ce bien le moment pour faire du théâtre ? La talentueuse compagnie Les Sans Cou utilise la trame de Lioubomir Simovitch et la déplace dans un « ici, maintenant et ailleurs » pour raconter sa propre histoire. Pour tenter de répondre à ses propres questions, à nos questions… Comment réagirions-nous face à l’oppression ? Que deviendrait notre théâtre ? Leur réponse, ils l’ont trouvée au plateau, grâce à ce travail de troupe qu’ils pratiquent depuis une dizaine d’années. Les personnages sont hauts en couleur, à la fois attachants et drôles. Autour du noyau dur de la troupe de Vassili Chopalovitch, on trouve Gina, injurieuse et furieuse contre son mari Babich, lui-même marginal oisif et rêveur. Ces deux-là verront leur vie basculer pendant le spectacle, suite à l’arrestation de leur fils unique par Miloun, le chef du district. Ce même Miloun qui exige de la troupe qu’elle lui taille un rôle sur mesure - un rôle de dictateur africain ! La disparition du fils de Gina et Babich fait écho à la tragédie vécue par Victor, l’acteur qui ne s’est jamais vraiment remis, celui dont on dit « qu’il est dans la lune », celui qui ne sait plus distinguer la réalité du jeu.

 Le résultat est jubilatoire. Jubilatoire parce que la scène des Bouffes du Nord compose un formidable décor. Un lieu abandonné, décati, qui abritera les répétitions de leur spectacle autour du conte des Trois Petits Cochons, tout en leur servant de gîte. Au final, on ressort enchanté, ravi de ce nouveau rendez-vous avec une compagnie qui n’a pas son pareil pour raconter des histoires. Et surtout, on se dit : « si la mort était au coin de la rue, moi aussi je continuerais à aller au théâtre... ».


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • La scénographie, qui s’appuie sur le sublime décor naturel qu’offre la scène des Bouffes du Nord.
  • L’esprit de troupe, qui souffle indéniablement sur…nos crânes!
  • Le musicien multi-instrumentiste installé en fond de scène qui ponctue chaque instant de mélodies, murmures, gazouillis et autres bruitages.
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On a moins aimé

  • La danse indienne interprétée par Esther Van den Driessche – certes elle danse extrêmement bien, mais est-ce bien le lieu et le moment ? 
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Une bande de potes, ceux avec lesquels on aime refaire le monde
  • Des pré-adolescents qui aiment encore qu’on leur raconte des histoires

Allez-y si vous aimez

  • Les vraies pièces de troupes
  • Le théâtre dans le théâtre, le jeu dans le jeu 


Infos pratiques

Mise en scène  
Igor Mendjiski

Dates
8 au 26 mar. 2016

Horaire
21h (mar-sam)

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Durée
2h15

Adresse
Théâtre des Bouffes du Nord
37bis bvd de la Chapelle
Paris 10

Avec
Clément AubertRaphaël Charpentier, 
Hélène Chrysochoos, Romain Cottard
Pierre Déaux, Paul Jeanson
Eléonore Joncquez, Igor Mendjisky
Arnaud PfeifferEsther Van den Driessche

Prix
-26 ans : 16€
+26 ans : 30€


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