« Monologue du Nous » 
de Bernard Noël

Du 4 au 13 novembre 2016

À ne pas manquer

Notre avis : À NE PAS MANQUER
-sélection novembre 2016-

Un texte de Bernard Noël d’une féroce exigence, qui s'attaque à  une  société (la nôtre) en proie aux systèmes de pouvoir broyeurs d’utopies. Saisissant comme une gifle. 


Nous sommes un groupe révolutionnaire mais nous ne croyons plus à la révolution.
© Éric Didym

© Éric Didym


La pièce en bref

Dans la salle modulable des Métallos, un dispositif scénographique surprenant occupe une large ouverture de plateau, une structure en bois créant une boîte scénique dont la partie haute évoque un mouvement d’ailes. Comme une charpente, l’espace de jeu peu profond joue sur la frontière entre l’enfermement et l’envol. Il est lieu de passage, de circulation, porte l’accent sur un mouvement en marche. Quatre comédiennes dirigées efficacement par Charles Tordjman, dans une tonalité d’une grande justesse, se partagent la parole perturbante, radicale et lucide de Bernard Noël, une fable politique éditée en 2015 chez P.O.L. que l’on ferait bien d’imposer dans les programmes scolaires (français, histoire, philo, au choix).  

Qu’est-ce que le « nous » ? Une multitude de solitudes. Ainsi s’ouvre l’oratorio-manifeste. Au bilan social désastreux, à la machination des dominants, à la manipulation médiatique, à la désertion politique, le « nous » répond d’une voix unique que la guerre est déclarée, qu’il va falloir procéder au sacrifice. Pressé par le désespoir d’où il puise sa force, le quatuor projette un sacrifice, un attentat-suicide comme seule réponse possible et surtout exemplaire. De la légitimité de faire tomber des têtes. Le metteur en scène et adaptateur du texte écrit dans sa note d’intention que ce Monologue du nous lui a coupé le souffle. Le mien l’était aussi à la fin du spectacle !


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Se prendre chaque phrase comme un coup de poing, le tout sans être maso.
  • La scénographie et le piano mécanique.
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On a moins aimé

  • Les deux spectateurs sortis de la salle. Sûrement deux révolutionnaires aigris.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Votre banquier et votre patron, pour les faire flipper.

Allez-y si vous aimez

  • Ne pas perdre une heure au théâtre.


Infos pratiques

Mise en scène 
Charles Tordjman

Dates
4 au 13 nov. 2016

Horaire
21h (mar)
20h (mer-ven)
19h (sam)
16h (dim)

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Durée
1h10

Adresse
Maison des Métallos
94, rue Jean-Pierre Timbaud
Paris 11

Avec
Elissa Alloula, Loulou Hanssen, Céline Carrère, Sophie Rodrigues


Prix
-26 ans : 10€
+26 ans : 14€


Merci de nous avoir lus, maintenant allez-y !