« Monkey Money » 
de Carole Thibaut

Du 9 au 25 septembre 2016

À ne pas manquer

Notre avis : À NE PAS MANQUER

Une ado qui se prostitue sous l’aile de son frangin, un père endetté jusqu’à l’os par la Be Wii Bank. Le portrait d’une famille comme une autre, comme toutes celles qui vivent de l’autre côté du mur. Les misérables, exploités par les autres, ceux qui ont atterri du bon côté. 


Nos parts d’humanité ça fait longtemps que nous les avons étouffées.
© Simon Gosselin

© Simon Gosselin


La pièce en bref

Un mur en plexiglas trône sur la scène derrière lequel les corps sont cryptés par le matériau déformant.  Un dîner de famille chez les pauvres où le désœuvrement, la vénalité et la hargne sont les bienvenues. C’est le prologue. Puis un jeune requin aux dents longues débarque sous une flopée d’applaudissement tonitruants et une musique digne d’un jeu télévisé (et les animations vidéos qui vont avec). Ce soir c’est le grand soir. Dans la salle, tous les clients de la Bee Wi Bank sont présents pour célébrer l’anniversaire de leur idole, leur père spirituel, le boss, le PDG grisonnant de la banque. Dans un discours écœurant d’arrivisme à peine caricatural (on ne doute pas que ce genre de propos soient autant revendiqués dans les super meetings des grandes banques, mais en même temps, on sait pas, on n’a jamais été invité, pff), le vieux directeur transmet son titre à son fils de cœur, ce jeune loup bardé de diplômes. Mais d’où vient-il, ce petit minet ? N’a-t-il pas lui-même renié sa mère pour s’affranchir et quitter l’autre côté du mur ? Ce même mur dont les fissures s’agrandissent… La preuve. Un homme provenant de l’autre côté débarque dans cette soirée réservée aux riches. Il vient demander qu’on lui efface sa dette sans quoi il se cramera sous les projecteurs. Littéralement. Son suicide mettra-t-il fin à cette société sciée en deux ? L’héritière de la banque acceptera-t-elle d’adopter la fille de cet homme ?

Carole Thibaut nous offre ici une fable d’anticipation à l’humour acéré. Un univers proche de la série Trepalium récemment produite par Arte qui dépeint avec cynisme une société régie par l’argent, où tout peut être objet de marchandise. On pourrait trouver ce propos légèrement binaire s’il n’était pas mis en scène dans cette forme fantasmagorique. Ce spectacle montre en fin de compte que tout espoir de bonheur a déserté ce monde gangrené par la peur de l’autre et le désir d’argent. Mettons donc plus de livres dans notre bibliothèque et moins de billets dans notre portefeuille. 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Carole Thibaut, géniale en héritière vorace.
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On a moins aimé

  • Les intermèdes nébuleux en voix-off.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un banquier, surtout s’il est en charge du recouvrement des crédits. Ça lui fera les pieds.

Allez-y si vous aimez

  • Les récits d’anticipation qui font froid dans le dos et qui donnent envie de tout plaquer pour aller élever des chèvres dans la Creuse.


Infos pratiques

Mise en scène 
Antoine Franchet

Dates
9 au 25 sept. 2016

Horaire
20h (mar-ven)
19h (sam-dim)

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Durée
1h30

Adresse
Maison des Métallos
94, rue Jean-Pierre Timbaud
Paris 11

Avec
Thierry Bosc, Charlotte Fermand, Michel Fouquet, Carole Thibaut (en alternance avec Valérie Schwarcz), Arnaud Vrech

Prix
-26 ans : 10€
+26 ans : 14€


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