« Médina Mérika »
d'Abdlewaheb Sefsaf

Du 12 au 17 janvier 2016

Une réussite

Notre avis : Une Réussite 

Une création époustouflante qui mêle musique, chant, danse, vidéo, poésie et théâtre pour nous raconter le monde arabe d’aujourd’hui avec le panache d’une comédie musicale « made in America » !


A-t-on le droit d’aimer l’Amérique, quand on vit dans une société arabe pétrie de contradictions ?
© Samir Hadjazi

© Samir Hadjazi


La pièce en bref

Ali est mort, on l’a tué. Dans un long monologue d’ouverture, il décrit sa décrépitude, seul au fond d’un puis. Il raconte la vie menée au cœur de cette « médina » fantasmée, ville arabe par excellence, déchirée entre fascination pour les promesses de l’Occident et attachement viscéral à son héritage oriental. À l’image du monde arabo-musulman d’aujourd’hui, l’art d’Ali est pétri de paradoxes : réalisateur arabe, il voue un culte au cinéma américain, dont il rêve de reproduire dans ses films le clinquant grandiose. C’est à cette fusion impossible entre l’ici et l’ailleurs que les assassins d’Ali auraient voulu faire obstacle.  Pour reconnaître ceux qui ont comploté contre lui,  le mort nous enjoint à garder l’œil ouvert, « et le bon »: « le bon œil », c’est sans doute celui qu’a sacrifié Ibrahim, le borgne, meilleur ami et assassin d’Ali. Incapable d’appréhender la dualité insoutenable de l’orient d’aujourd’hui, il entend sauver de la perdition ce monde qu’il connaît si bien . 

 

La création d’Abdelwaheb Sefsaf, librement inspirée de Mon nom est rouge d’Oran Pamuk, rend hommage à un orient désorienté, plus complexe et plus beau que jamais. C’est avec beaucoup de justesse et de sensibilité, notamment, qu’est peint le portrait de Lila, femme arabe qui se bat contre un monde d’hommes, tout en refusant le statut de victime dans lequel l’occident voudrait la voir confinée. Si l’on trouve parfois au texte quelques longueurs, on ne peut qu’applaudir cette œuvre aux médias multiples, qui mêle avec talent projection audiovisuelle, musique, chant, danse et poésie. Abdelwaheb Sefsaf nous rend perceptible la blessure du monde arabe en une formidable fusion des cultures et des arts. Ali est peut-être mort, mais la médina a encore de belles histoires à nous conter.

Joy Majdalani


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On a aimé

  • La bande-son (notre morceau préféré ci-dessous)
  • L'utilisation intelligente de support vidéo.
  • L'humour, à la fois fin, puissant et triste.
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On a moins aimé

  • Quelques passages lourds et répétitifs.

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un ami qui a le mal du pays

Allez-y si vous aimez

  • Le monde arabe
  • Oran Pamuk
  • Les comédies musicales


Infos pratiques

Mise en scène  
Abdelwaheb Sefsaf

Dates
12 au 17 jan. 2016

Horaire
14h (jeu)
20h (ven)
19h (sam)
16h (dim)

Durée.png

Durée
1h30

Adresse
Maison des Métallos
94, rue Jean-Pierre Timbaud
Paris 11

Avec
Marion Guerrero, Toma Roche, Abdelwaheb Sefsaf, Nestor Kéa, Georges Baux

Prix
-26 ans : 5€
+26 ans : 14€


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