« Lettres de non-motivation »
de Julien Prévieux & Vincent Thomasset

Du 10 au 21 novembre 2015

À ne manquer sous aucun prétexte

Notre avis : à ne PAS manquer
- sélection novembre 2015 -

Portées à la scène avec humour et inventivité, les Lettres de non-motivation du plasticien Julien Prévieux renversent le rapport de force entre employeurs et employés, et dressent un portrait terriblement sarcastique du marché de l'emploi . 



Le supplice est démesuré par rapport à mes minuscules erreurs. Je vous en prie, ne m’embauchez pas.
© Vincent Thomasset

© Vincent Thomasset


La pièce en bref

Mettre en scène un recueil de lettres n'allait pas de soi, et pourtant le résultat est incroyablement réussi. Lassé de voir toutes ses candidatures rester sans réponse, Julien Prévieux tourne en dérision la sacro-sainte lettre de motivation en répondant à des offres d'emploi par la négative, détaillant minutieusement les raisons pour lesquelles il refuse catégoriquement de se porter candidat aux postes proposés. C'est avec un plaisir non-dissimulé que le public se prend au jeu du « lire ensemble », chacune des lettres étant projetée sur un écran placé au dessus de la scène, avant d'être lue à voix haute par les cinq comédiens présents sur le plateau. Les rires fusent, et l'on sent monter dans la salle un étrange soulagement face à la remise en cause d'un système qui a perdu tout son sens.  Parmi les nombreux retours automatiques reçus par Julien Prévieux, le manque d'imagination avec lequel sont rédigés les quelques courriers  de réponse personnalisés reste une preuve manifeste de la déshumanisation des rapports humains sur le marché de l'emploi. À force d'être répétée, hurlée, chuchotée, déclamée, la formule : « Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués » deviendrait presque le summum de la provocation. 

C'est avec beaucoup de talent que les comédiens endossent tour à tour le rôle d'employeur puis de candidat, accompagnant leurs lectures de chorégraphies, de gestes et de mimiques absolument désopilantes, allant même jusqu'à inventer un nouveau langage venu du futur, plus proche du cri animalier que de l'idiome extraterrestre. Julien Prévieux et Vincent Thomasset vont très loin sans jamais tomber dans le ridicule, tant la montée en puissance est savamment maîtrisée. Dans un monde où les chiffres du chômage font frémir, Lettres de non-motivation réussi le pari de l'humour et de la catharsis. 

Alicia Dorey


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On a aimé

  • L'ironie avec laquelle Julien Prévieux rédige ses lettres, dans un langage à la fois limpide et extraordinairement efficace.
  • Découvrir que l'on cherchait encore des coupeurs de verre, et des chefs de produits pour les sauces Bénédicta.

On a moins aimé

  • La dernière lettre, après un final en chanson qui aurait pourtant dû clore le spectacle en beauté !

Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un  ami au chômage

Allez-y si vous aimez

  • Les formules de politesse
  • Le genre épistolaire
  • Les ressources humaines

Infos pratiques

Mise en scène 
Vincent Thomasset

Dates
 10 au 21 nov. 2015

Horaires
20h (mar-sam)

Durée.png

Durée
1h15
 

Adresse
Théâtre
de la Bastille
76 rue de la Roquette
Paris 11

Avec
David Arribe, Johann Cuny, Michèle Gurtner, François Lewyllie, Anne Steffens

Prix
-30 ans : 17€
+30 ans : 24€


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