« Les Frères Karamazov »
de Fiodor Dostoïevski

Du 6 au 14 septembre 2016

A ne pas manquer

Notre avis : A NE PAS MANQUER
- SÉLECTION SEPTEMBRE 2016-

L’un des premiers temps forts du Festival d’Automne. Un nouveau lieu : la friche industrielle Babcock à la Courneuve.  Une œuvre immense : Karamazov est le dernier roman de Dostoïevski. Un metteur en scène sulfureux : l’Allemand Frank Castorf… fidèle à sa réputation.


Tout est réactionnaire aujourd’hui.
©  Thomas Aurin

©  Thomas Aurin


La pièce en bref

C’est l’histoire d’un parricide. Les frères Karamazov trucident leur père pour qu’il cesse de gaspiller leur argent… et de piquer leurs femmes. Sauf que Dostoïevski va bien plus loin. « Si Dieu n’existe pas, tout est permis », lâche Ivan, le plus intello des frangins, dans une sentence célébrissime qui fait toujours débat. A son habitude qui est de toujours surprendre, Franck Castorf en fait un spectacle ébouriffant sur la transgression en général, où tout est permis en effet. D'abord transgression du texte. Castorf mêle au texte de Dostoïevski celui d’un auteur contemporain russe,  DJ Stalingrad, et puise dans son roman Exodus, une inquiétante actualisation à base de violence débridée et de bastons dans les stades de foot ou le métro : « Être nazi aujourd’hui en Russie, c’est cool! ». Ensuite une transgression spatiale et théâtrale. Le spectacle est monté dans un immense atelier (100 mètres de long, facile !) de la friche Babcock à la Courneuve. Le plus souvent sur ce plateau, rien ne se passe. Les ébats des comédiens, dissimulés dans le décor, sont retransmis par vidéo sur un pauvre écran de 3 mètres sur deux. Transgression morale enfin…. Ni procès, ni tribunal dans ce Karamazov. Encore moins d’états d’âme. Reste une meute de fous hurlants, littéralement Possédés (un autre Dostoïevski) par leurs passions et leurs névroses. Caricatural. Provocateur. 

On est presque soulagé de voir ces comédiens, entre deux crises, venir enfin souffler à l’avant-scène pour se mettre à déchiqueter une ou deux pastèques et en balancer la pulpe dans le public. Digression absurde dont Castorf a aussi le secret. On se dit aussi qu’au train où vont les choses en Europe, les années de ce théâtre libertaire, si dérangeant et si salutaire à la fois, pourraient être comptées. La désertion d’une partie du public, ténue mais constante au fil de la représentation, en est peut-être un indicateur avancé.   Ceux qui sont restés (les plus nombreux, ouf! ) ont longuement et chaleureusement applaudi. 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • L’engagement des comédiens. Tous tragédiens. Tous physiques. Tous merveilleux. Jeanne Balibar en diable sur pointes (comme une danseuse) est impayable. Mais il faudrait tous les citer.
On a moins aimé.png

On a moins aimé

  • On ne va pas au théâtre pour passer 6h à scruter un mauvais écran de cinéma. 

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Votre voisin « antifa » pour lui montrer qu’il y a du nouveau à l’Est, mais qu’il n’est pas seul dans le combat.
  • Un architecte, fan de design industriel, pour ses prochains projets « spécial bobos ».
  • Un(e) ennemi(e)en proie au torticolis. Entre le plateau (immense), l’écran (minuscule), et le LED pour la traduction ( la pièce est en allemand), au bout de 6h ( la durée du spectacle), résultat garanti !
     

Allez-y si vous aimez

  • L’anarchie.
  • Les grands acteurs qui ne se la pètent pas.
  • La culture décentralisée.


Infos pratiques

Mise en scène  
Frank Castorf

Dates
6 au 14 sept. 2016

Horaire
17h30 (mar-mer)
15h (dim)

Durée.png

Durée
6h40

Adresse
MC 93 de Bobigny
Friche Babcock
80, rue Emile Zola
La Courneuve

Avec
Hendrick Arnst, Marc Hosemann, Alexander Scheer, Daniel Zillmann, Sophie Rois, Kathrin Angerer, Lilith Stangenberg, Jeanne Balibar, Patrick Güldenberg, Margarita Breitkreitz, Frank Büttner

Prix
-28 ans : 19€
+28 ans : 29€


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