« Les Années » 
d'Annie Ernaux

Du 15 au 19 novembre 2016

Mi-figue, mi-figue

Notre avis : MI-figue, mi-figue

Photographies écornées en main, ils sont deux sur scène, avec pourmission de nous replonger dans les années passées, de 1941 à aujourd'hui.


On vivait dans la proximité de la merde.
© Benoîte Fanton

© Benoîte Fanton


La pièce en bref

Le tableau noir en fond de scène annonce l'ambiance, vintage et nostalgique à souhait. Du fond de nos sièges, on est plongés dans une grande leçon d'Histoire. Agathe Molière et Denis Léger Milhau se trémoussent, chantent, démontrent, racontent, expliquent. Comment la deuxième guerre était comparée à la première, mais pas à la souffrance des Japonais après Hiroshima. Comment on a appris à combattre la tuberculose et la mortalité infantile mais que les femmes ont mis très longtemps, trop longtemps à obtenir le droit de faire ce qu'elles voulaient. Au lieu de donner naissance, six mois après le mariage, à « de costauds prématurés » qui n'étaient pas prévus. A bien écouter, on comprend vite que certaines choses n'ont pas changé — les collégiens dans le public ont tous repris en cœur le "Ô rage, Ô désespoir" déclamé au milieu du siècle dernier. Les comptines sont les mêmes, le plafond de verre aussi. Si les tabous des filles-mères et des bikinis ne se voient plus, James Dean et les Beatles sont encore bien présents.

Il est dommage que la mise en scène soit décousue et hachée, et que les chapitres soient annoncés au tableau bien après avoir commencé. L'utilisation du micro ne pardonne pas : quand les comédiens parlent sans, on n'entend plus grand-chose. Toute la difficulté d'adapter un roman se retrouve sur scène ; on comprend difficilement l'intention de la pièce, qui nous apparaît comme une transposition trop ambitieuse et dépersonnalisée de l'Histoire. 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Revoir Brigitte Bardot, le combat pour le droit à l'IVG et Elvis Presley.
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On a moins aimé

  • La mise en scène qui se veut réaliste, mais qui n'y parvient pas.
  • Le choix d'une police illisible pour les textes projetés sur scène.
  • Certaines transitions un peu maladroites.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Une réincarnation de Mermoz, Lyautey, Pétain ou René Coty.
  • Votre mère.

Allez-y si vous aimez

  • La nostalgie, le rutabaga, Bécassine et les Solex.
  • Le Formica, les antibiotiques, Simone Veil et la découverte de l'atome.
  • Les albums de famille.


Infos pratiques

Mise en scène 
Jeanne Champagne

Dates
15 au 19 nov. 2016

Horaire
20h30 (mar-ven)
19h30 (mer-sam)
 

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Durée
1h20

Adresse
Théâtre 71
3 Place du 11 novembre
Malakoff

Avec
Denis Léger Milhau, Agathe Molière,
Tania Torrens (voix)

Prix
-30 ans : 14€
+30 ans : 27€


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