« La vie bien qu'elle soit courte »
de Stanislav Stratiev

Du 23 mars au 7 mai 2016

Mi-figue, mi-figue

Notre avis : UNE RÉUSSITE

Comment imaginer qu’un bouton manquant à son pantalon puisse être l’origine d’un calvaire sans nom ? Stilianov va pourtant devoir affronter les incohérences d’un monde qui refuse de lui venir en aide.


Mais à quoi ça vous avancera si je deviens fou ? 
© CR

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La pièce en bref

On a tous en nous (quelque chose de Tennessee, ça c’est sûr) cette phobie de la situation inextricable, un rendez-vous chez Pôle-emploi ou à la sécurité sociale pour régler un tout petit problème et finir trois jours à jouer à la balle de ping-pong de bureau en bureau. La thématique de l’administration infernale et kafkaïenne est un modèle souvent inspirant pour les fictions au théâtre comme au cinéma. Ici, l’administration n’est pas en cause au premier plan. Stilianov, architecte sur le point de participer à une réunion capitale — durant laquelle il va devoir s’opposer à la construction d’immeubles minables — a juste perdu le bouton de son pantalon, et doit à tout prix trouver le moyen d’en coudre un nouveau. Mais chaque sonnette sera l’occasion d’un nouveau refus. Personne ne veut l’aider, tout le monde le met à la porte. La mécanique de l’absurde est en marche, on suit la descente aux enfers de Stilianov, maintenant son pantalon comme il peut. L’enfer aboutit dans un atelier de confection, mirage ultime d’un dénouement impossible.

 Si l’on est en plein dans la comédie de l’absurde, le texte de l’auteur bulgare Stanislav Stratiev donne à voir une certaine idée de la société. Dans ce monde étrange, chaque individu a peur de l’autre, une hiérarchie aliénante pèse sur les relations humaines, et le moindre petit problème peut devenir un drame. Écrit au début des années 90, alors que la Bulgarie se libère de l’emprise communiste, on perçoit dans ce texte l’infusion d’une politique totalitaire, l’absurde étant le plus fidèle outil pour critiquer le pouvoir en place, toujours avec cet humour grinçant. C’est avec une joie rarement égalée qu’on retrouve la Compagnie C’est pas du jeu dont le spectacle De quoi parlez-vous ? nous avait déjà conquis en 2014 au festival d’Avignon. Ce nouveau spectacle, plus mature, est parfaitement orchestré par les trois comédiens. Allez-y c’est réjouissant !



Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Entendre Tchavdar Pentchev parler bulgare
  • La scénographie composée de grille, qui agit comme un rappel de la sensation d'enfermement
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On a moins aimé

  • Certaines longueurs dans le texte qui étirent l’absurde jusqu’à l’user un peu

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Quelqu'un qui a la braguette ouverte depuis ce matin

Allez-y si vous aimez

  • Le mythe de Sisyphe


Infos pratiques

Mise en scène  
Sophie Accard

Dates
23 mar. au 7 mai 2016

Horaire
19h (mar-sam)

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Durée
1h15

Adresse
Lucernaire
53, av. Notre-Dame-des-Champs
Paris 6

Avec
Sophie Accard, Tchavdar Pentchev, Leonard Prain

Prix
-26 ans :11€
+26 ans : 26€


Merci de nous avoir lus, maintenant allez-y !