« La Traviata »
de Giuseppe Verdi

Du 6 au 30 septembre 2017 

A ne pas manquer

Notre avis : A NE PAS MANQUER

Reprise de cette formidable Traviata en modèle réduit proposée l'année dernière par Benjamin Lazar dans la même salle mythique des Bouffes du Nord ! 


L’amour vrai serait-il pour moi un malheur ?
© Pascal Gély

© Pascal Gély


La pièce en bref

On commence par s’inquiéter. Sous un immense voile de gaze blanche couvrant tout le plateau, une bande de fêtards passablement dans le gaz achèvent leur nuit en forçant sur le champagne, l’absinthe et autres drogues d’époque. Ils s’enlacent ou se trémoussent sur un rythme obsédant de rave party, meublé de quelques traits de musique dissonants façon free-jazz ou orphéon où l’on peine à reconnaître l’inspiration verdienne. Va-t-on assister à la dé(con)struction d’un chef d’œuvre ? Violetta fait un malaise qui dessaoule tous ses convives. La gaze et l’ivresse s’évaporent. Alfredo fait sa déclaration à Violetta qui la rejette : « Vous me faites perdre mon temps qui coûte généralement bonbon. Trouvez en une autre » Il insiste. Elle craque : « Reprends ta fleur. Et rapporte la moi demain quand elle sera fanée. » Ils parlent en français, ils chantent en italien. Les musiciens assurent. C’est bien du Verdi. On revient en terrain connu. 

C’est pour beaucoup le mérite et le talent de Judith Chemla. Comédienne sachant chanter, elle incarne magnifiquement cette Traviata, ou femme dévoyée, selon la traduction littérale du mot italien, malade à en mourir (la tuberculose),  qui rêve d’amour mais se voit refuser son billet-retour pour la norme et les conventions. Elle a le physique de l’emploi : longue, mince et belle. Elle joue simple et juste. Son soprano est limpide, délié, agile. Les experts ou les esprits chagrins  vous diront qu’il n’est pas d’une puissance folle, qu’il escamote certaines des vocalises aiguës les plus difficiles. Mais ces limites sont habilement retournées ici en avantages, et cette Traviata de poche a vraiment tout d’une grande ! 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Les arrangements musicaux de Florent Hubert.
  • Coup de chapeau particulier à Myrtille Hetzel qui joue du violoncelle debout pendant 2 heures.
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On a moins aimé

  • La raideur des hommes de cette distribution.
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Avec qui faut-il y aller ?

  • Un lyricomane conservateur et dogmatique.
  • Un béotien total pour lui montrer qu’on peut conjuguer opéra et modernité.

Allez-y si vous aimez

  • Les surprises.
  • Les grands sentiments.
  • Les grands airs.


Infos pratiques

Mise en scène  
Benjamin Lazar

Dates
6 au 30 septembre  2017

Horaire
20h30 (lun-sam)

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Durée
2h

Adresse
Théâtre des Bouffes du Nord
31 bis bvd de la Chapelle
Paris 10

Avec
Florent Baffi, Damien Bigourdan, Jérôme Billy, Renaud Charles, Elise Chauvin, Judith Chemla, Axelle Ciofolo, Myrtille Hetzel, Bruno Le Bris, Gabriel Levasseur, Sébastien Llado, Benjamin Locher, Marie Salvat

Prix
- de 26 ans : 14€
+ de 26 ans : 18€


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