« La Traviata »
de Giuseppe Verdi

Du 17 septembre au 15 octobre 2016

A ne pas manquer

Notre avis : A NE PAS MANQUER
- SÉLECTION SEPTEMBRE 2016-

C’est une Traviata en modèle réduit que propose Benjamin Lazar aux Bouffes du Nord. 5 chanteurs, 8 musiciens, tous en scènes, tous comédiens, pour une adaptation de l’opéra de Verdi (et du roman d’Alexandre Dumas fils La Dame aux Camélias) à la fois libre, réjouissante et bouleversante.


L’amour vrai serait-il pour moi un malheur ?
©  Pascal Victor

©  Pascal Victor


La pièce en bref

On commence par s’inquiéter. Sous un immense voile de gaze blanche couvrant tout le plateau, une bande de fêtards passablement dans le gaz, achève leur nuit en forçant sur le champagne, l’absinthe et autres drogues d’époque. Ils s’enlacent ou se trémoussent sur un rythme obsédant de rave party, meublé de quelques traits de musique dissonants façon free-jazz ou orphéon où l’on peine à reconnaître l’inspiration verdienne. Va-t-on assister à la dé(con)struction d’un chef d’œuvre ? Violetta fait un malaise qui dessaoule tous ses convives. La gaze et l’ivresse s’évaporent. Alfredo fait sa déclaration à Violetta qui la rejette : « Vous me faites perdre mon temps qui coûte généralement bonbon. Trouvez en une autre » Il insiste. Elle craque : « Reprends ta fleur. Et rapporte la moi demain quand elle sera fanée. » Ils parlent en français, ils chantent en italien. Les musiciens assurent. C’est bien du Verdi. En bribes et fulgurances, mais bon. On revient en terrain connu. On se rassure. Et on se laisse vite envoûter.

C’est pour beaucoup le mérite et le talent de Judith Chemla. Comédienne sachant chanter, elle incarne magnifiquement cette Traviata, ou femme dévoyée, selon la traduction littérale du mot italien, malade à en mourir (la tuberculose),  qui rêve d’amour (un vrai) mais se voit refuser son billet-retour pour la norme et les conventions : « Tout espoir de se relever est interdit à la malheureuse qui un jour tomba ». Judith Chemla a le physique de l’emploi. Elle est longue, mince et belle. Elle joue simple et juste. Son soprano est limpide, délié, agile. Les experts ou les esprits chagrins ( ce sont souvent les mêmes !) vous diront qu’il n’est pas d’une puissance folle (inutile aux Bouffes du Nord), qu’il escamote certaines des vocalises aiguës les plus difficiles. Mais ces limites sont habilement retournées ici en avantages. Elles contribuent de fait à la fragilité du personnage, le rendent à la fois plus crédible et plus aimable. Du grand art ! Cette Traviata de poche a tout d’une grande. 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Les arrangements musicaux de Florent Hubert. Il réduit la musique de Verdi à son squelette, à l’essentiel. On n’en saisit que mieux la richesse… et le pathos.
  • Les musiciens, tous en scène, sans chef, à l’écoute les uns des autres, aussi présents que précis. Vraiment très forts ! Coup de chapeau particulier à Myrtille Hetzel qui joue du violoncelle debout pendant 2 heures.
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On a moins aimé

  • La raideur des hommes de cette distribution. Damien Bigourdan (Alfredo) et Jérôme Billy ( son père) sont, eux, plus chanteurs que comédiens, et ça se voit !

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un lyricomane conservateur et dogmatique si vous voulez vous fâchez avec lui.
  • n béotien total pour lui montrer qu’on peut conjuguer opéra et modernité.
  • Un(e) militant(e) anti-vaccins pour lui montrer l’horreur d’un monde sans BCG.

 

Allez-y si vous aimez

  • Les surprises.
  • Les grands sentiments.
  • Les grands airs.


Infos pratiques

Mise en scène  
Benjamin Lazar

Dates
17 sept. au 15 oct. 2016

Horaire
20h30 (mar-sam)

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Durée
2h

Adresse
Bouffes du Nord
37 bis bvd de la Chapelle
Paris 10

Avec
Florent Baffi, Damien Bigourdan, Jérôme Billy, Renaud Charles, Elise Chauvin, Judith Chemla, Axelle Ciofolo, Myrtille Hetzel, Bruno Le Bris, Gabriel Levasseur, Sébastien Llado, Benjamin Locher, Marie Salvat

Prix
-26 ans : à partir de 14€
+26 ans : à partir de 18€


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