« La Mouette »
d'Anton Tchekhov

Du 20 mai au 25 juin 2016

A ne pas manquer

Notre avis : a ne pas manquer
-sélection MAI 2016-

Cette adaptation de La Mouette d'Anton Tchekhov, très attendue par les inconditionnels de l'écrivain russe, se révèle largement à la hauteur de nos espérances, et offre une occasion rêvée de se frotter au génie de Thomas Ostermeier.


Les gens prétentieux et sans talent ne supportent pas ceux qui en ont vraiment.
©  Arno Declair

©  Arno Declair


La pièce en bref

Assis de chaque côté du plateau, ils se regardent, échangent quelques mots à voix basse, regardent le public de l'Odéon s'engouffrer dans la salle, mi-concentrés, mi-amusés. Lorsque deux d'entre eux se lèvent pour aller se poster à l'avant de la scène et nous parler d'actualité (la Syrie, la pauvreté, les bas salaires...), avant de railler ouvertement un théâtre contemporain réduit à un vulgaire enchaînement d'effets de mode (plutôt paradoxal venant d'Ostermeier, metteur en scène le plus tendance du moment), on se demande où on veut nous emmener. Puis la pièce (re)commence, et l'enchantement est total.  Comme toujours chez Tchekhov, on retrouve ce mélange d'oisiveté et de désespoir qui n'appartient qu'aux riches : on parle de la mort du théâtre, on s'aime (souvent mal et toujours en décalage), on se morfond... 

Le texte, épuré, moderne, trouve ici un écho bouleversant, dans une distribution qui se révèle être un superbe jeu de miroir inversé.  D'un côté les vainqueurs : Arkadina, diva aussi attachante qu'insupportable, amoureuse du célèbre écrivain Trigorine ; de l'autre les vaincus : son fils, Treplev, dramaturge raté en quête de renouveau, et sa muse Nina, dont la passion pour la scène ne suffira pas à en faire une grande actrice.  Mais les véritables perdants, ce sont ceux pour qui l'art échoue à combler un vide existentiel abyssal : Macha, Dorn, Sorine, Medvedenko...Dans cette boîte grise au décor minimaliste, sous une lumière blanche qui ne pardonne aucun défaut, les personnages de Tchekhov nous interrogent sur la nécessité de faire de l'art un sacrifice, et nous font vivre un moment de théâtre d'une rare intensité.


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Les colères de Valérie Dréville, merveilleuse en mère au comportement de diva explosive !
  • Essayer de deviner ce que cette femme en combinaison de travail (Marine Dillard) est en train de peindre sur le mur du fond. Une mouette sans aile au bec oblique ? Pas vraiment.
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On a moins aimé

  • Les dix premières minutes, qui résonnent comme un règlement de compte avec la terre entière, tirant un peu dans tous les sens pour être sûr de n'oublier personne. Une tentative de rachat de conscience qui n'est pas digne du grand Ostermeier ! 
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un comédien en crise
  • Une mère qui ne dit pas son âge

Allez-y si vous aimez

  • Le théâtre dans le théâtre
  • La musique de David Bowie, The Doors et Velvet underground
  • Les amours ratées


Infos pratiques

Mise en scène  
Thomas Ostermeier

Dates
20 mai au 25 juin 2016

Horaire
20h (mar-sam)
15h (dim)

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Durée
2h30

Adresse
Odéon - Théâtre de l'Europe
1, Place de l'Odéon
Paris 6

Avec
Bénédicte Cerutti, Marine Dillard, Valérie Dréville, Cédric Eeckhout, Jean-Pierre Gos, François Loriquet, Sébastien Pouderoux de la Comédie-Française, Mélodie Richard, Matthieu Sampeur

Prix
-28 ans : 18€
+28 ans : 36€


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