« La Mer »
d'Edward Bond

Du 5 mars au 15 juin 2016

Mi-figue, mi-figue

Notre avis : MI-FIGUE, MI_FIGUE

Edward Bond fait son entrée au répertoire de la Comédie-Française avec La Mer, pièce atypique mise en scène par Alain Françon. Les comédiens s’amusent. Nous moins.


Rose, va-t-en d’ici ! Ne reste pas pour épouser le notaire !
©  Christophe Raynaud de Lage

©  Christophe Raynaud de Lage


La pièce en bref

Hélas, pour cette entrée au répertoire du grand auteur britannique contemporain qu'est Edward Bond, le comité de lecture de la Comédie-Française a choisi La Mer, une pièce de 1972 assez anecdotique, éloignée de la noirceur radicale d’un théâtre qui décortique au scalpel les ressorts de la barbarie humaine.  Une tempête jette deux jeunes gens sur le rivage d’une petite ville portuaire du Suffolk. Ils n’auraient pas dû prendre la mer, trop mauvaise.  L’un d’eux, celui qui venait là chercher Rose, sa promise, s’est noyé. L’ami survivant finira par emporter la belle. Entre temps, une société se sera dévoilée et délitée sous nos yeux. Deux personnages l’incarnent essentiellement: Louise Rafy (Cécile Brune), maîtresse femme, mère de Rose, mène son monde à la baguette, et Hatch (Hervé Pierre), mercier servile, paranoïaque délirant, convaincu de l’imminence d’une invasion d’extraterrestres, dont les naufragés seraient l’avant-garde. Garde-côte à ses heures perdues, il n’a d’ailleurs montré aucun zèle pour secourir le bateau en péril. Il finira en petite tenue sur la plage à trucider le cadavre échoué du noyé avant d’être arrêté. 

L’affiche avait tout pour plaire. D'abord Edward Bond, vénéré en France, célébrissime pour les scandales provoqués par ses premières pièces Sauvés et Early, au point qu’on lui attribue parfois le mérite de l’abolition de la censure théâtrale en Grande Bretagne. Ensuite une mise en scène d'Alain Françon, un presque classique lui aussi, qui nourrit avec l’auteur un long compagnonnage engagé dès 1992. Même si les acteurs cités montrent ici tout leur talent, on ne peut que souhaiter avec Alain Françon lui-même que « le Français poursuive sur sa lancée en proposant une pièce plus contemporaine, plus emblématique de la singularité et de la radicalité d’Edward Bond ».


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Cécile Brune, aussi impériale ici que dans « La Maison de Bernarda Alba ». Avec elle, la Comédie Française tient une sacrée matrone
  • La mise en scène d’Alain Françon,  classique et sobre, soutenue par une scénographie impeccable
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On a moins aimé

  • Les tombers de rideau, lourds et longs entre les scènes. Le rythme en souffre
  • La sonnerie intempestive du magasin de Hatch, le marchand de tissus, d’une stridence obsédante à rendre fou, comme lui.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Ceux qui pensent 007 dès qu’on leur parle de Bond
  • Un ami marin ou cheminot

Allez-y si vous aimez

  • Le théâtre contemporain dans sa version sage


Infos pratiques

Mise en scène  
Alain Françon

Dates
5 mar. au 15 juin 2016

Horaire
20h30 (lun-sam)
14h (sam - dim)

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Durée
2h05

Adresse
Comédie Française
1 Place Colette
Paris 1

Avec
Cécile Brune, Coralie Zahonero, Eric Génovèse, Céline Samie, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Serge Bagdassarian, Hervé Pierre, Pierre-Louis Calixte, Stéphane Vapurenne, Jérémy Lopez, Adeline d'Hermy, Jennifer Decker

Prix
-28 ans : 18€
+28 ans : 36€


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