« L'Avare » 
de Molière

Du 14 novembre au 15 janvier 2016

Seulement s'il pleut

Notre avis : SEULEMENT S'IL PLEUT

Jacques Osinski revisite la comédie de Molière pour en faire un drame psychologique : audacieux mais plombant…


Le seigneur Harpagon est, de tous les humains, l’humain le moins humain.
© Pierre Grosbois

© Pierre Grosbois


La pièce en bref

Le vieil Harpagon, avare notoire de son état, exerce une véritable tyrannie au sein de son foyer. Obsédé par la surveillance de sa cassette remplie d’écus, ce vieux grigou reste insensible aux projets de mariage de sa fille Elise et de son fils Cléante, et leur destine respectivement un barbon et une veuve. Elise n'en aime pas moins Valère, infiltré au sein de la maisonnée en tant qu’intendant, tandis que le cœur de Cléante bat sans relâche pour la belle Marianne, chasse gardée d’Harpagon. Les jeunes amants vont œuvrer dans l’ombre pour déjouer les vilains plans de l’avaricieux, dont le vice pathologique se révèle être aussi la plus grande faille.

Loin des codes de la comédie, Jacques Osinski concentre sa mise en scène sur la solitude d’Harpagon. L’intérieur aseptisé, le lino grisâtre et le papier peint désuet contribuent à nous plonger dans une atmosphère malsaine, en compagnie d'un avare laissant libre cours à ses névroses. Les costumes, mornes et gentiment confortables, ne sont pas sans appesantir encore davantage l'accablement qui règne sur le plateau ! Après tout, pourquoi pas ? Cependant, tristesse n’est pas forcément synonyme de mollesse, et le parti pris de creuser la psychologie d’Harpagon semble prendre le dessus sur le rythme général de la pièce, ainsi que sur les conflits opposant les différents personnages. A force de vouloir dépeindre l'avare comme un personnage digne d’apitoiement, même le morceau de bravoure du vol de la cassette devient une tirade lénifiante. L’exercice de style est louable, mais mieux vaut y aller en spectateur averti. 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • L'humanisme d'Harpagon.
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On a moins aimé

  • L'absence de rythme.
  • L'interprétation, parfois poussive.
  • La demi-heure de trop.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un petit comprimé de Prozac.
  • Un contrôleur de gestion.

Allez-y si vous aimez

  • Les drames familiaux. 
  • Les troubles obsessionnels compulsifs.
  • Comptez vos sous à la nuit tombée.


Infos pratiques

Mise en scène 
Jacques Osinski

Dates
14 nov. 2016 au 15 jan. 217

Horaire
21h (mar-sam)
19h (ven)
15h (sam)
17h (dim)

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Durée
2h05

Adresse
Artistic Théâtre
45 rue Richard Lenoir
Paris 11

Avec
Christine Brücher, Clément Clavel, Jean-Claude Frissung, Delphine Hecquet, Alice Le Strat, Alain Payen, Arnaud Simon, Thibault Vinçon

Prix
-26 ans : 10€
+26 ans : 30€


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