« Je suis Fassbinder »
de Falk Richter

Du 10 mai au 4 juin 2016

A ne pas manquer

Notre avis : À NE PAS MANQUER
-Sélection MAI 2016-

Bien plus qu’un hommage au météore de la contre-culture allemande des années 70, Stanislas Nordey et Falk Richter nous offrent un spectacle-coup de poing salutaire en forme de question: Que peut encore dire le théâtre dans une Europe ébranlée par le terrorisme, la crise migratoire, et tentée par un retour aux vieux fantasmes autoritaires ? Esquisse de réponse inquiète et vivifiante, au Théâtre de la Colline jusqu’au 4 juin. 

DU 24 mai AU 4 juin
1 PLACE ACHETÉE = 1 PLACE OFFERTe

Comment ca marche ?
1.  Je m'informe, sur la billetterie en ligne, du prix des places pour les dates de mon choix
2.  Je contacte la billetterie par mail ou par téléphone (01.44.62.52.52)
3.  Je fournis, lors de ma reservation, le code SNFR qui me permet d'obtenir 1 place gratuite
4.  Je retire mes places au guichet du théâtre le jour du spectacle


Il n’y a qu’une seule chose à faire : arrêter de ne rien faire !
— Falk Richter
© Jean-Louis Fernandez

© Jean-Louis Fernandez


La pièce en bref

Dans un décor aux allures de loft communautaire post-soixante-huitard, tout commence par une conversation de Café du Commerce. A propos des migrants. Des agressions sexuelles à Cologne.

Laurent Sauvage (la mère) : « Nous les femmes on n’est plus en sécurité, ici ! »

Stanislas Nordey (Fassbinder) : « Vous ne l’avez jamais été. La femme objet sexuel, on a ça partout, dans la pub, dans le mariage ».

La mère : « Ils veulent faire gicler leur sperme dans le ventre des femmes allemandes par la violence et nos hommes sont mous. Ils font du yoga, ils ne savent plus se battre. »

En 1977 déjà, dans l’Allemagne ébranlée le terrorisme de la bande à Baader, Fassbinder dialoguait avec sa mère pour son film « L’Allemagne en automne » : « Le mieux, finissait par dire la mère, ce serait une sorte de dirigeant autoritaire qui serait tout à fait bon et gentil ». Dialogue projeté à l’écran, rejoué sur scène, leitmotiv de la pièce. Contre cette soif de tyrannie renaissante qui « infeste l’Europe », Falk Richter et son écriture ciselée, Stanislas Nordey et sa troupe affutée, nous mettent en garde, dans un spectacle multiforme, décapant, qui est aussi un questionnement sur le théâtre. « La peur est partout. Qu’a-t-on encore le droit de dire? Pourrait-on soutenir aujourd’hui encore avec Fassbinder que « La question la plus importante c’est de savoir comment détruire cette société ». Faut-il jouer Tchekhov, Yasmina Reza, comme si de rien n’était. Ou alors commencer par dire ses peurs, ses bribes de pensées. »

C’est le final. Les comédiens s’assoient sur un large canapé à l’avant-scène et regardent le public. Noir. Applaudissements nourris, seulement troublés d’un « Pas d’accord ! » isolé. Rarement, le spectateur inquiet aura eu ainsi l’impression de voir portées en scène son propre questionnement, de vivre une telle communion en la scène et la salle. Retour d’un théâtre-partage, ferment de résistance et d’engagement. 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé 

  • Une réplique en particulier : « Je veux que le conflit s’en aille, qu’il reste dans « Les Infos ».Le texte écrit au jour le jour par Falk Richter avec les comédiens est plein de fulgurances du même tonneau.
  • Le théâtre dans le théâtre avec la reprise en scène et à l’écran de moments savoureux tirés du travail de création collective et de répétition.
  • Qu’ils dialoguent, monologuent, ou jouent en chœur, tous les comédiens excellent. Thomas Gonzalez, voix de velours et corps d’éphèbe, sait vraiment tout faire. 
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On a moins aimé

  • Le théâtre d’intervention a l’inconvénient de ses avantages. Comme l’actualité qu’il commente, il prend le risque de l’obsolescence.
  • La scène chargée de posters et de photographies de Fassbinder prend parfois des allures de musée. Il n’aurait pas apprécié.

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un(e) migrant(e) fraichement arrivé(e) en Europe en guise d’accueil. Bienvenue au club !
  • Poutine, Orban, Kaczynski, Le Pen, et tous les apprentis dictateurs de votre entourage pour qu’ils prennent « les noms de ceux qui font les cons » (Coluche)

Allez-y si vous aimez

  • Réfléchir avant d’agir
  • Rire pour ne pas pleurer

 


Infos pratiques

Mise en scène  
Stanislas Nordey

Dates
10 mai au 4 juin 2016

Horaire
19h30 (mar)
20h30 (mer-sam)
15h30 (dim)

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Durée
1h55

Adresse
Théâtre de la Colline
15 rue Malte Brun
Paris 20

Avec
Thomas Gonzales, Judith Henry, Eloïse Mignon, Stanislas Nordey, Laurent Sauvage

Prix
-30 ans: 14€
+30 ans: 29€


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