« Je me mets au milieu
mais laissez-moi dormir »
d'après Jean Eustache

Du 5 au 31 janvier 2016

Une réussite

Notre avis : UNE RÉUSSITE

Dorian Rossel revisite La Maman et la Putain, film mythique de Jean Eustache, dans une pièce incroyablement drôle et touchante, non sans quelques maladresses. 


Et l’autre qui me regarde avec ses yeux en couilles de mites, d’un air sournois…
© Nelly Rodriguez

© Nelly Rodriguez


La pièce en bref

Disons-le d'emblée, ce spectacle a toutes les chances de plaire avant tout aux cinéphiles. Néanmoins, comment ne pas se passionner pour l'histoire d'Alexandre, jeune homme oisif qui passe ses journées à déambuler dans les rues de Paris ? Amoureux éconduit de Gilberte qui va en épouser un autre, ce soixante-huitard désabusé va noyer son chagrin entre deux femmes que tout oppose : Marie, la « maman », trentenaire discrète qui accepte tout de cet amant infidèle, et Veronika, la « putain », infirmière polonaise légèrement nymphomane qui ne mâche pas ses mots. Ensemble, ils boivent, écoutent de la musique sur un vieux tourne disque, parlent d'amour et de pornographie sans aucune limite. À eux trois, ils incarnent une génération fantasmée, et pourtant en manque de repère.

La scénographie, toute en simplicité, laisse aux personnages une grande liberté, et la pièce parvient à s'écarter d'une lecture trop restreinte du film. Si les dialogues ont en partie disparu (le film dure 3h40), ils n'en restent pas moins jouissifs. Dorian Rossel réussit donc  malgré quelques faux pas que l'on mettra sur le compte de la transposition du cinéma à la scène — à nous livrer une interprétation très personnelle du chef d'œuvre d'Eustache, et nous propose une lecture très fine des difficultés liées à la tyrannie du désir amoureux. 

Alicia Dorey


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On a aimé

  • L'humour et la cruauté du texte, qui n'a pas pris une ride. 
  • La critique d'une société consumériste avec laquelle toute une génération a entretenu une relation complexe et ambigüe. 
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On a moins aimé

  • La diction des personnages, caractéristique des films de la Nouvelle Vague, peut sonner un peu faux, et en agacera certains.

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un ami cinéphile
  • Votre amant(e)

Allez-y si vous aimez

  • Le cinéma des années 1970
  • Les triangles amoureux


Infos pratiques

Mise en scène 
Dorian Rossel

Dates
5 au 31 jan. 2016 

Horaire
20h30 (mar-sam)
15h30 (dim)

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Durée
1h30

Adresse
Théâtre du Rond-Point,
2bis av. Franklin Roosevelt
Paris 8

Avec
David Gobet, Dominique Gubser, Anne Steffens

Prix
-30 ans : 16€
+30 ans : 31€


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