« Iliade »
d'après Homère

Du 25 novembre 2015 au 7 février 2016

Une réussite

Notre avis : une réussite
-SÉLECTION janvier 2016-

Éblouissante Iliade que celle proposée par Pauline Bayle – simplicité de la mise en scène qui permet à cinq jeunes comédiens de mettre leur folle énergie au service d’un texte d’une beauté rare.


On peut consentir contre sa volonté.
© Pauline Legoff

© Pauline Legoff


La pièce en bref

A l’entrée du théâtre, le public assemblé, qui anticipe les fêtes et parle du froid de décembre qui ne tombe pas. Soudain, une voix fend l’air. C’est Achille, corps de fille aux yeux clairs, timbre grave, qui invective Ménélas. Tout est contenu là, dans ces dix premières minutes, durant lesquelles les comédiens s’immiscent dans la foule, posent leurs chants. Ce ne sont plus des acteurs. Ils sont les Grecs aux portes de Troie, ils sont les Troyens à la ville assiégée, ils sont les dieux de l’Olympe aux querelles perpétuelles. Et nous, spectateurs, sommes captifs de ce récit. Le plateau est nu. Au mur, deux listes, Grecs et Troyens, histoire d’y voir clair, toujours. Tout de suite, Achille prend la parole, crie sa douleur - Patrocle, son ami, est mort. Il veut se venger. Plus tard, les dieux feront leur entrée, ils feront rire avec leurs tracas mineurs. Une heure et demi durant, il y aura sans cesse des changements de rôles, et pourtant la narration restera limpide. On ne perd ni le fil de l’histoire ni celui des affects. 

Grand hommage qui doit être rendu à Pauline Bayle ! Précieuse est sa mise en scène, qui met la phrase au premier plan. Seront utilisés des paillettes, de la craie, de l’eau rougie aussi, pour figurer le sang, des trucs et astuces d’une simplicité déroutante, mais lorsqu’ils apparaissent sur scène, ils ne sont là, artifices, que pour souligner la gravité d’une situation, la folie d’un affrontement. Hommage aussi à ces comédiens, qui font de leurs corps et de leurs voix un terrain de jeu d’une finesse sans égale. Il est difficile de rendre accessible un texte antique à tous. La Compagnie A Tire-d’Aile réussit cet exercice complexe, notamment grâce à une énergie débordante et à des tableaux d’une joliesse véritable. Chapeau bas !

Margaux Daridon


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On a aimé

  • L’Achille flamboyant, joué par Charlotte Van Bervesselès.
  • Les fous rires provoqués par les discours entre les dieux de l’Olympe.
  • La scène maculée de couleurs à la fin du spectacle.
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On a moins aimé

  • Le plateau parfois un peu petit devant l’ampleur de certaines scènes.

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • L’ami qu’il faut réconcilier avec le théâtre

Allez-y si vous aimez

  • Les paillettes
  • Le fait qu'un texte antique puisse devenir un bijou scénique


Infos pratiques

Mise en scène 
Pauline Bayle

Dates
25 nov. 2015 au 7 fev. 2016 

Horaire
21h15 (mar)
19h (mer-sam)
17h (dim)

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Durée
1h20

Adresse
Théâtre de Belleville,
94, rue du Faubourg du Temple
Paris 11

Avec
Florent Dorin, Alex Fondja, Jade Herbulot en alternance avec Pauline Bayle, Yan Tassin et Charlotte Van Bervesselès

Prix
-26 ans : 10€
+26 ans : 25€


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