« George Dandin / La jalousie »
de Molière

Du 18 mai au 26 juin 2016

Une réussite

Notre avis : UNE RÉUSSITE

Cocufié par son épouse, méprisé par ses beaux-parents, le pauvre George est résolument le Dandin de la farce. Cette comédie suivie de sa version « farcée », sans fausse note et sans prétention amuse autant qu’elle soulève une saveur féministe avant l’heure. 


Il me prend des tentations d’accommoder tout son visage à la compote, et le mettre en état de plaire de sa vie aux diseurs de fleurette.
©  CR

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La pièce en bref

Angélique de Sotenville est jeune et belle. Afin de combler ses dettes, son père gentilhomme la marie de force à George Dandin, riche paysan. Seulement la jeunette à l’aide de sa confidente se fait conter fleurette par Clitandre et trouve ça plutôt sympa. George Dandin entourloupé comme jamais, désespère de prouver à ses beaux-parents les infidélités de leur fille. En vain. Si bien que c’est lui qui se trouve réduit à devoir présenter ses excuses à son épouse. La pièce est suivie de la farce La jalousie du barbouillé, que Molière a d’abord écrit jeune, et qui lui a inspiré vingt ans plus tard la trame de George Dandin. Cette version écourtée et outrancière pousse à son paroxysme le grotesque de cette situation improbable (un paysan et une fille de gentilhomme). Naturellement cette farce force le trait, le fait d’y assister après avoir englouti la version lissée de l’histoire de George Dandin la rend d‘autant plus hilarante. Et pour cause, on perçoit un relâchement, une énergie comique qui restait un peu dans le fond des bottes jusque-là. Les personnages caricaturaux jouent avec le public et les codes de la scène, c’est un morceau de théâtre dans le théâtre conscient d’être du théâtre (vous y êtes ?).

La scénographie nous offre une maison brinquebalante en bois au travers de laquelle chacun peut s’espionner à son aise. Le metteur en scène Hervé Pierre dit avoir transposé l’histoire en 1850 avec Napoléon III au pouvoir (ce qu’on n’aurait perçu à aucun moment sans la lecture du livret…). Le personnage de George Dandin est tragique malgré lui, l’interprétation de Jérôme Pouly est inattendue... Mêlant douceur, incompréhension et rudesse paysanne, on est tiraillé entre l’empathie que l’on ressent pour lui et la nécessité de prendre le parti de son épouse. Soumise à la volonté de son époux mais terrifiée par ses parents, Angélique tente de survivre dans cette société qui la condamne en tant que femme. Sous couvert de comédie et de bouffonneries, le texte de Molière dénonce, comme toujours, de grandes injustices sociales.


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Noam Morgensztern et sa fausse barbe de médecin fou (dans La jalousie du barbouillé)
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On a moins aimé

  • Les intermèdes en danse, très mollassons.

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Des beaux-parents qui ne vous aiment pas (si vous êtes célibataire, empruntez ceux d’un ami)

Allez-y si vous aimez

  • Les cocus


Infos pratiques

Mise en scène  
Hervé Pierre

Dates
18 mai au 26 juin 2016

Horaire
19h ( mar)
20h30 (mer-sam)
15h ( dim)

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Durée
2h

Adresse
Théâtre du Vieux Colombier
21 rue du Vieux Colombier
Paris 6

Avec
 Simon Eine, Alain Lenglet, Jérôme Pouly, Pierre Hancisse, Noam Morgensztern, Claire de la Rüe du Can, Rebecca Marder, Catherine Sauval

Prix
-28 ans : 18€
+28 ans : 36€


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