« Gens de Séoul 1909 » 
de Oriza Hirata

Du 8 au 10 novembre 2016

Une réussite

Notre avis : UNE RÉUSSITE
 

Avec Gens de Séoul 1909, le discret metteur en scène Oriza Hirata nous fait pénétrer le quotidien d'une — apparemment charmante  — famille de colons japonais le temps d'une après-midi.


Il ne peut y avoir de littérature coréenne.
© Tsukasa Aoki

© Tsukasa Aoki


La pièce en bref

Le théâtre d'Oriza Hirata a des faux airs de celui de Tchekhov, tant il vous plonge instantanément dans un état de calme et d'ennui jubilatoire. En entrant dans la salle, le spectacle semble déjà avoir commencé. Assis autour d'une table, deux hommes échangent quelques propos banals, avant d'être rejoints par d'autres membres de la famille. On boit du thé et suçote de la pâte de haricot rouge en devisant sur la Corée, ses habitants, et ce Japon laissé derrière eux. Car contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, ces « Gens de Séoul »,  incarnés ici par la famille Shinozaki, sont les dignes représentants d'une politique d'expansion coloniale entreprise par le Japon suite à la victoire contre les Russes remportée quatre ans plus tôt.

Si l'on oublie l'arrivée puis la disparition soudaine d'un mystérieux illusionniste, il ne se passe somme toute pas grand-chose entre les quatre murs de cet intérieur bourgeois du début du siècle. Se dégage pourtant au fil de leurs échanges une réalité bien moins idyllique qu'elle n'en a l'air : petites frustrations, désirs de s'enfuir et pointes de racisme ordinaire égayent leur quotidien, tout en leur permettant de se distinguer d'un peuple qu'il ne parvienne pas véritablement à aimer. 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • L'adolescente attendant un prétendant qui ne viendra jamais (ou peut-être dans Gens de Séoul 1919 ?)
  • Ne pas toujours savoir distinguer les personnages coréens des japonais. Troublant, dans un spectacle sur le racisme.
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On a moins aimé

  • Devoir garder un œil sur les sur-titres tout en gardant l'autre sur la scène. Périlleux, et pas forcément sexy.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un anticolonialiste sur le déclin.
  • Un amateur de Tchekhov en mal d'exotisme.

Allez-y si vous aimez

  • Vous sentir cotonneux.
  • Les dimanches après-midis.


Infos pratiques

Mise en scène 
Oriza Hirata

Dates
8 au 10 nov. 2016

Horaire
19h30 (mar-mer)
20h30 (jeu)

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Durée
1h30

Adresse
Théâtre de Gennevilliers
41 avenue des Grésillons
Gennevilliers

Avec
Kenji Yamauchi, Hiroko Matsuda, Hideki Nagai, Mizuho Tamura, Ruriko Temmyo, Kenichi Akiyama, Yukiko Kizaki, Kumi Hyodo, Hiroshi Ota, Suhkye Shin, Reiko Tahara, Tadashi Otake, Madoka Murai, Masayuki Yamamoto, Yuri Ogino, Natsuko Hori, Taichi Ishimatsu, Minami Inoue

Prix
-30 ans : 11€
+30 ans : 22€


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