« Figaro divorce »
d'Ödön von Horvàth

Du 26 mai au 11 juin 2016

Mi figue, Mi figue

Notre avis : mi-figue, mi-figue

Propulsé en 1936, le Figaro de Beaumarchais n’est plus un progressiste révolutionnaire mais un petit commerçant servile. Si le texte d’Odon Von Horvath a toujours autant d’impact, la mise en scène laisse légèrement à désirer…


L’amour est un problème privé au titre de l’anarchie individuelle.
© Simon Gosselin

© Simon Gosselin


La pièce en bref

En s'inspirant de la pièce de Beaumarchais,  Ödön Von Horváth aborde la question du couple et de son lot de désillusions, mais aussi de la liberté et de l’exil. A la fin du Mariage de Figaro, Beaumarchais laissait son personnage éponyme marié à Suzanne. Avec Figaro divorce, Ödön Von Horváth récupère ces mêmes personnages, les propulsant au beau milieu des années 1930 . On retrouve ici ainsi le couple de domestiques venant  en aide au comte et à la comtesse Almaviva, contraints de fuir un pays où la noblesse se voit menacée de mort. En décidant de tout quitter pour monter un salon de coiffure avec sa bien-aimée, Figaro paye sa liberté au prix fort : fini l'esprit de révolte, le voilà devenu  petit bourgeois de province, se pliant aux moindres désirs de sa clientèle, délaissant la pauvre Suzanne sans aucun scrupule. C’est donc l’histoire d’un Figaro déchu, rentré dans les clous, et d’une Suzanne qui préfère encore entendre les ragots de sa comtesse que ceux de la femme du boulanger pendant sa mise en pli, et qui finira donc par demander le divorce. Une bien belle inversion des rôles, puisque les valeurs du personnage original de Figaro reviennent ici à Suzanne, femme libre et résolument moderne.

Si le texte d’Ödön Von Horváth fait encore écho aujourd'hui,  c’est que les thèmes qui lui sont chers sont toujours aussi actuels : déception amoureuse, désir de liberté,  contraintes matérielles et peur de ne pas réussir restent hélas parmi nos petits malheurs quotidiens. Difficile donc de ne pas se laisser emporter par ce récit de vie tragi-comique, qui pourrait bien être le nôtre. C'est néanmoins du côté de la mise en scène que les faux-pas se succèdent : les écrans sur lesquels sont projetées de courtes vidéos « décoratives » viennent  parasiter le jeu des comédiens sans apporter la moindre substance.  Les trois caméras disposées sur le plateau font davantage office de gadget tape-à-l’œil que d'un réel parti pris scénographique.  Résultat: l'ensemble est inégal, et malgré la qualité du texte, on a bien vite fait de perdre le fil !


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Flore Lefebvre des Noëttes, hilarante dans le rôle de la sage-femme.
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On a moins aimé

  • La vidéo, dont on ne perçoit pas l’utilité, et encore moins l’esthétique.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un ancien révolutionnaire
  • Une amie qui n’arrive pas à divorcer

Allez-y si vous aimez

  • Les histoires d’amour qui finissent mal mais en fait pas si mal


Infos pratiques

Mise en scène  
Christophe Rauck

Dates
26 mai au 11 juin 2016

Horaire
20h30 (mar-sam)
16h (dim)

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Durée
2h15

Adresse
Monfort
10, rue Brancion
Paris 15

Avec  
Jean-Claude Durand, Caroline Chaniolleau, John Arnold, Cécile Garcia Fogel, Jean-François Lombard, Marc Chouppart, Marc Susini, Flore Lefebvre des Noëttes, Pierre-Henri Puente, Guillaume Lévêque, Nathalie Morazin

Prix
-26 ans: 18€
+26 ans: 28€


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