« Dom Juan »
de Molière

Du 17 mars au 17 avril 2016

Mi-figue, mi-figue

Notre avis : MI-FIGUE, MI-FIGUE

Souvent utilisé à tort et à travers, le qualificatif de « Dom Juan » prend ici un sérieux coup de jeune, dans une mise en scène moderne et travaillée d'Anne Coutureau. Dommage que les comédiens aient parfois du mal à contenir un trop plein d'enthousiasme. 


Les commencements ont des charmes inexprimables.
© Svend Andersen

© Svend Andersen


La pièce en bref

Lâche, dénué de tout sens moral et doté d'un penchant sadique pour le moins réjouissant, Dom Juan n'en reste pas moins beaucoup plus difficile à saisir qu'on ne l'imagine. Après avoir sèchement congédié sa dernière conquête Done Elvire, l'odieux séducteur prend la fuite aux côtés de son valet Sganarelle, ne prêtant aucune attention aux hurlements de douleur de l'amoureuse éconduite. Sauvé des eaux par un jeune villageois, il s'entiche coup sur coup de deux paysannes, à qui il promet de convoler en justes noces sitôt leur accord obtenu. Entre coups bas et quiproquos, tout le monde semble bien s'amuser, public inclus. Mais lorsque les frères de Done Elvire et la volonté divine semblent se liguer contre lui, l'horizon s'obscurcit, et l'on assiste à la déchéance d'un homme dont l'extrême solitude prend doucement le pas sur sa légendaire frénésie amoureuse. 

En raison de l'image un peu réductrice qui lui colle à la peau depuis que le terme est passé dans le langage courant, on sous-estime souvent la complexité du personnage de Dom Juan, or sa psychologie se résume à bien plus qu'à celle d'un coureur de jupons. Chez Anne Coutureau, la mise en scène glisse progressivement vers quelque chose de très sombre, au propre comme au figuré : Dom Juan nous apparaît comme un homme perdu, à la lisière de la folie, dont le discours quasi mystique provoque davantage la pitié que la crainte. Si le spectacle ne convainct pas tout à fait en raison d'une distribution plutôt inégale, on ne peut que saluer le soin et l'originalité avec lesquels le scénographe James Brandily revisite ici une pièce déjà cent fois montée, qui vaut néanmoins la peine d'être (re)découverte.


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On a aimé

  • La scénographie et les lumières, qui créent un effet de profondeur vertigineux !
  • La performance d'acteur de Florent Guyot, très convaincant en Dom Juan buté et machiavélique.
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On a moins aimé

  • Le jeu un peu forcé de certains comédiens, contraints de jongler entre texte original et « relifté », pas toujours très adroitement.  
  • La durée de la pièce, qui finit par traîner en longueur sur la dernière partie. 
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Une mante religieuse (au masculin)

Allez-y si vous aimez

  • La cruauté amoureuse


Infos pratiques

Mise en scène  
Anne Coutureau

Dates
17 mar. au 17 avr. 2016

Horaire
20h (mar-sam)
16h (dim)

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Durée
2h

Adresse
Théâtre de la Tempête
La Cartoucherie
Paris 12

Avec
Birane Ba, Dominique Boissel, Johann Dionnet, Pascal Guignard-Cordelier, Florent Guyot, Peggy Martineau, Tigran Mekhitarian, Aurélia Poirier, Kevin Rouxel, Alison Valence 

Prix
-26 ans : 12€
+26 ans : 20€


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