« Disgrâce » 
de John Maxwell Coetzee

Du 3 novembre au 3 décembre 2016

Une réussite

Notre avis : Une réussite
-sélection novembre 2016-

Un drame familial brûlant sur fond d'Afrique du Sud post-apartheid.


C’est à ça que servent les putes, à encaisser les extases des êtres disgracieux.
© Simon Gosselin

© Simon Gosselin


La pièce en bref

Universitaire de cinquante ans amateur de prostituées noires et d'étudiantes blanches, David Lurie n'est pas à proprement parler ce qu'on pourrait appeler un chic type. Accusé d'avoir été trop loin avec l'une des élèves de son cours de Littérature, il fuit Le Cap pour se réfugier chez sa fille Lucy, éleveuse de chiens lesbienne en pleine campagne sud-africaine. Une fois installé, la découverte d'une autre réalité encore plus cynique et plus brutale que celle qu'il pensait avoir quitté le prend à la gorge, et culmine le soir où trois hommes noirs s'en prennent à la ferme, violant sa fille et tuant les cabots. Anéanti face à l'indifférence générale et persuadé d'avoir été puni pour le crime commis quelques mois auparavant, il retourne se présenter devant les parents de son ancienne étudiante, se heurtant au refus catégorique de sa fille à quitter le pays.

Pour qui doit-on ressentir de la pitié ? Le vieux beau qui ne comprend plus ni son pays ni sa progéniture, tout perdu qu'il est depuis la fin de l'apartheid ? La population noire, revancharde mais finalement « dans son droit » ? Le roman de Coetzee prend un malin plaisir à brouiller les cartes, et l'adaptation qu'en fait Jean-Pierre Baro est plus qu'à la hauteur de l'exercice : d'un décor aseptisé d'appartement à une cahute en tôle au fond de la brousse, tous changent de couleurs, deviennent chiens, criminels, et désespérés.


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • La confrontation finale avec la famille de l'étudiante.
  • La scénographie, absolument parfaite.
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On a moins aimé

  • La diction du personnage de Lucy, qui semble réciter le texte en appuyant sur chaque syllabe. Irritant.
  • Les chants, un peu superflus.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un amateur d'histoire coloniale et de drames familiaux (pas forcément les deux ensemble).

Allez-y si vous aimez

  • L'Afrique du Sud, évidemment. 
  • Les tables qui s'enflamment.


Infos pratiques

Mise en scène 
Jean-Pierre Baro

Dates
3 nov. au 3 déc. 2016
&
7 au 9 déc. 2016 au Théâtre de Sartrouville

Horaire
19h (mar)
20h (mer-sam)
16h (dim)

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Durée
2h20

Adresse
La Colline - théâtre national
5 rue Malte Brun
Paris 20

Avec
Jacques Allaire, Fargass Assandé,
Pierre Baux, Simon Bellouard, Cécile Coustillac, Pauline Parigot, Sophie Richelieu, Mireille Roussel

Prix
-30 ans : 15€
+30 ans : 30€


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