« Dictionnaire de la musique»
de Maxime Kurvers

Du 1 au 11 décembre 2016

Mi figue mi figue

NOTRE AVIS : MI-FIGUE, MI-FIGUE

À travers une énumération décousue des termes de l’art musical, le Dictionnaire de la musique de Maxime Kurvers suscite une réflexion sur le rapport de la scène à l’idée : un projet théorique intéressant, qui élude malheureusement le plaisir immédiat des spectateurs.


Ça c’est Mozart, je vais vous apprendre Mozart.
© DR

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La pièce en bref

Pour son deuxième spectacle, Maxime Kurvers s’est attelé à la tâche ambitieuse de transposer sur scène un texte qui n’y était a priori pas destiné : le dictionnaire de la musique. Tout comme un dictionnaire, le spectacle énumère donc de façon décousue les termes de l’art musical – haut-parleur, hymne, symphonie, opéra, orchestre… Nous assistons alors, perplexes, à une succession d’exercices de style, sans autre lien les uns avec les autres qu'un tableau noir où défilent les mots du dictionnaire : un accordeur de piano à l’œuvre, une marche de groupe synchronisée, un opéra en italien prononcé sans mélodie ni émotion, une fanfare qui quitte la scène et remonte les gradins… Autant de « moments » traités de manière très inhabituelle, tant du point de vue de la lumière, que de l’espace, du rythme, et bien sûr, de la musique.

La mise en scène de Kurvers est sans aucun doute riche de sens, mais à force de conceptualisation, elle en supprime le plaisir immédiat. A la fin du spectacle, tandis qu’une fumée opaque enveloppe progressivement les spectateurs, illustrant le terme éloquent de « durée », la perplexité et la gêne sont presque palpables dans la salle, quand elle ne sont pas exprimées par quelques petits rires et regards embarrassés entre voisins. On serait presque tenté de voir dans cette fin obscure l’aveu que tout cela n’est « que fumée », mais finalement, on se rend compte que le spectacle, en nous faisant éprouver le temps dans sa durée, nous a rapprochés involontairement des autres spectateurs, comme nous embarqués dans ce périple étrange… Et n’est-ce pas cela, la musique ? Une mesure du temps, et un puissant facteur de lien social ?


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé 

  • La liste impressionnante des Bach qui ont marqué l’histoire de la musique (et l’originalité déployée par la famille Bach dans le choix des prénoms : Johann Christoph, Johann Sebastian, Johann Christian…).
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On a moins aimé

  • Les longueurs du spectacle.
  • Le kitsch de certains passages.

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un philosophe de l'art. 
  • Un fétichiste.

Allez-y si vous aimez

  • La musicologie plus que la musique.
  • Les chaussures : Stan Smith, derbies, boots... Il y en a pour tous les goûts


Infos pratiques

Mise en scène  
Maxime Kurvers

Dates
1 au 11 déc. 2016 

Horaire
19h30 (mar-jeu)
20h30 (ven)
18h (sam)
16h (dim)

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Durée
1h30

Adresse
La Commune
2 rue Edouard Poisson
Aubervilliers

Avec
William Attig, Julien Geffroy, Maxime Kurvers, Thomas Laigle, Manon Lauriol, Caroline Menon-Bertheux, Claire Rappin, Charles Zévaco

Prix
-30 ans: 12€
+30 ans: 24€


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