« Cuando vuelve a casa voy a ser otro »
de Mariano Pensotti

Du 17 au 20 février 2016

Mi-figue, mi-figue

Notre avis : MI-FIGUE, MI-FIGUE

Remarquée au dernier Festival d’Avignon, la pièce de l’Argentin Mariano Pensotti est reprisedu 17 au 20 février au théâtre des Amandiers de Nanterre.  Une interrogation haletante, échevelée, sur le poids du passé, des mythes et des autres dans la formation de notre identité. 


L’identité, ce n’est pas être soi-même, c’est ressembler à quelqu’un.
© Benjamin Boar

© Benjamin Boar


La pièce en bref

Il y a d’abord ce titre impossible : « Quand je reviendrai à la maison, je serai un autre », où l’on saisitque l’Argentin Mariano Pensotti  entend nous embarquer dans un questionnement sur l’identité. Il y a ensuite un dispositif scénique à la fois dynamique et contraint. Deux tapis parallèles roulent en sens inverse(façon métro) d’un bout à l’autre de la scène. Le temps de passer de Cour à Jardin,  ou de Jardin à Cour, environ 2mn, et les comédiens changent de scène et parfois de personnages. Il y a surtout quatre histoires en une, menées à une rythme échevelé – scénographie oblige- par une bande de joyeux drilles dont l’énergie est la vertu principale. L’histoire du père qui enterra des objets compromettants pendant la dictature pour ne les retrouver que quelques décennies plus tard, une fois perdues ses illusions et sa jeunesse. L’histoire du fils, d’abord fasciné par l’héroïsme politique de la génération précédente et qui, s’adaptant aux défis d’un temps moins exaltant, donne d’abord dans la publicité politique avant de se lancer l’écriture d’une verve d’ailleurs vite tarie. L’histoire de la fille d’un chanteur militant, ami du premier, mort assassiné par les militaires. Chanteuse elle aussi,  elle ne trouve le succès et l’estime de soi qu’en chantant la musique de son père, tirée d’une cassette enregistrée exhumée parmi  les reliques de l’histoire précédente. L’histoire enfin d’un malheureux plagiaire qui remonte et signe la pièce de théâtre du fils, en tire gloire et profit avant d’être démasqué  et de finir, tenez-vous bien,  comme interprète des Beatles dans une troupe de transsexuels paraguayens !

Vous n’avez pas bien suivi ? Nous aussi, on a eu du mal. Une heure et 20 minutes plus tard, on sort pantelant de ce chassé-croisé de quêtes de soi, de cet enchevêtrement de situations plus burlesques qu’attendrissantes, de cette avalanche de dialogues désabusés. « Je est un autre » disait Arthur Rimbaud il y aura bientôt deux siècles.  Tout était déjà dit.

 
 

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On a aimé

  • La fougue et l’engagement des comédiens sur une scène dont le sol se dérobe littéralement sous leurs pieds.
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On a moins aimé

  • Le rythme quasi-cinématographique de la pièce. Mariano Pensotti a d’abord été formé au cinéma et tout son théâtre s’en ressent.
  • Un surtitrage un peu aléatoire.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Son père, son fils, sa fille, ou un(e) ami(e) militant(e)

Allez-y si vous aimez

  • L'Amérique Latine
  • Les Beatles

 


Infos pratiques

Mise en scène  
Mariano Pensotti

Dates
17 au 20 fév. 2016

Horaire
20h30 (mer-sam)
19h30 (jeu)

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Durée
1h20

Adresse
Théâtre de Nanterre-Amandiers
7 av. Pablo Picasso
Nanterre

Avec
Santiago Gobernoni, Mauricio Minetti, Andrea Nussenbaum, Agustin Rittano, Julieta Vallina

Prix
-30 ans : 15€
+30 ans : 30€


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