« Comme vider la mer
avec une cuiller »
de Yannick Jaulin

Du 10 au 26 mars 2016

Une r�ussite

Notre avis : UNE Réussite
-sélection MARS 2016-

Décidément l’heure est à la démystification. A quelques stations du théâtre de Belleville où Les fureurs d’Ostrowsky revisitent avec une acidité truculente le mythe des Atrides, c’est au magnifique Théâtre des Bouffes du Nord que nous pouvons assister au dernier spectacle de Yannick Jaulin. Conteur, il nous transmet avec humour sa version très personnelle des trois religions du Livre.


C’est pas parce qu’on regarde tous la même chose qu’on se raconte tous la même histoire.
© Hervé Jolly

© Hervé Jolly


La pièce en bref

Comme vider la mer avec une cuiller est une leçon d’histoire pas comme les autres. Loin d’être barbante, on en aurait bien profité sur les bancs de l’école. Ce spectacle aux allures de conte oral aborde la religion en entrant par la petite porte, projet ô combien salvateur de nos jours, qui nécessitent plus que jamais un peu de désacralisation. Comme le rappelle Yannick Jaulin, « Les religions ont la même matière fabulatrice que les contes ». Le fait religieux doit donc être raconté dans cette perspective. Sortez vos cahiers, car ici on apprend que la reine de Sabah (oui oui la même que dans « Aïcha, Aïcha écoute-moi… ») a du poil aux pattes, que la vierge Marie est fécondée en PMA (« promo maternité angélique ») et que l’épouse de Moïse sentait très bon, normal elle s’appelait Séphora (vous y penserez la prochaine fois que vous achèterez un mascara waterproof qui fait tellement courber les cils que c’est comme faire une permanente bouclée à ses paupières, comble du glam’). 

Yannick Jaulin nous tient en haleine avec cette performance ludique et sans fioriture, en s’adressant au public le plus simplement du monde. C’est parfois l’occasion de corriger des erreurs de traduction encore gravées dans le marbre. Sachez par exemple qu'Eve n’est pas née de la côte d’Adam mais du « côté ». En fond de scène trône une fresque de Fra Angelico, L’Annonciation. Face à l’œuvre, une femme immobile, assise, regarde. Le conteur (mais pas que de fleurette) s’adresse à elle, alors même qu'elle reste silencieuse. C’est sur ce même tableau que se conclue le récit, avec une touche parodique édifiante et cette question aussi existentielle que le nez de Cléopâtre qui plus court eût changé la face du monde : et si le fils de Dieu avait été une fille ?


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Apprendre que le serpent d’Eden était le tout premier syndicaliste
  • Que le spectacle s'inscrive dans la tradition orale du conte, dont le projet est de transmettre les histoires et légendes qui construisent notre roman national
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On a moins aimé

  • Avoir lâchement piqué du nez pendant trente secondes (mais vous comprenez  on est humain après tout, est ce que cela fait de nous… zzZZ…ZZzZZzzzZ)

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un(e) ami(e)qui a fait l’école Buissonnière

Allez-y si vous aimez

  • L’histoire, les contes et les belles partitions de violon mais que vous ne prenez rien de tout ça trop au sérieux


Infos pratiques

Mise en scène  
Yannick Jaulin

Dates
8 au 26 mar. 2016

Horaire
19h (mar-sam)

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Durée
1h15

Adresse
Théâtre des Bouffes du Nord
37bis bd de la Chapelle
Paris 10

Avec
Yannick Jaulin

Prix
-26 ans : 16€
+26 ans : 30€


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