« Brûlez-la ! » 
de Christian Siméon

Du 25 mai au 19 juin 2016

À ne pas manquer

Notre avis : À NE PAS MANQUER
-sélection mai 2016-
 

Claude Perron incarne l’incandescente Zelda Fitzgerald dans « Brûlez-là ! », monologue écrit pour elle par Christian Siméon et mis en scène par Michel Fau. Un survol des années folles, à la fois jubilatoire et tragique. Une magnifique performance d’actrice.  


Mais dans les livres de votre mari, c’est vous ?
© Thi Debadier

© Thi Debadier


La pièce en bref

Au sol, un modèle réduit de l’hôpital psychiatrique ou Zelda Fitzgerald trouve la mort dans un incendie (accidentel) en 1948, après y avoir été internée douze ans. Vêtue en danseuse étoile
— tutu long, diadème fleuri, chaussons —, le rêve tardif de Zelda, Claude Perron jaillit de cette maquette et nous embarque dans un tourbillon haletant, tragi-comique,  tout en allers-retours entre son quotidien de malade assommée de drogues — « on me tue tous les trois jours » — et sa vie des années « folles » : « il ne suffisait pas qu’on s’amuse. Il fallait que ça se sache. ». En scène, Claude Perron sait tout faire et le montre, dans ce portrait de femme libre au bout du rouleau. Et pour cause : la muse de Scott Fitzgerald, grande consommatrice « de jazz, de sexe et d’alcool » confesse : «  Entre 20 et 30 ans, j’ai l’impression de n’avoir pas dessaoulé. Nous avons eu bien raison parce qu’entre la fin de la guerre et la crise de 29, nous n’avons eu qu’une toute petite fenêtre de tranquillité entre deux cauchemars ».

Il y a une faille dans cette vie de plaisir, une souffrance intime, qui interroge la nature du couple Fitzgerald.  « Scott ne s’est jamais gêné pour utiliser mes lettres ou mon journal dans ses romans. Sans changer une ligne ». Quand l’éditeur de Scott s’avise de vouloir publier Zelda, « Scott a hurlé. Il a dit qu’on lui volait son matériau ». Quand Hemingway, furieux d’avoir été éconduit, salit Zelda aux yeux de son mari : «Travail de sape inutile car Scott était bien incapable d’envisager la vie sans moi. On peut quitter une muse. On ne quitte pas son sujet ». Zelda ne pouvait devenir auteur sans détruire Scott. Dilemme où s’est nouée sa folie. C’est la thèse de Siméon. D’ailleurs, quand les secours s’activent dans l’hôpital en flammes, Zelda imagine que c’est encore Scott, pourtant mort avant elle, qui frappe à sa porte. Elle refuse d’ouvrir. Elle hurle sur tous les tons : « N’entre pas ! ». Trop tard. Il y a belle lurette qu’il a tout raflé. Gatsby d’un coup nous parait moins magnifique,  Zelda-Claude Perron d’autant plus sublime.  Voulez-vous savoir que ce veut dire « brûler les planches » ? Allez voir « Brûlez-là ! ».


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Le texte de Christian Siméon, grand spécialiste des portraits de femmes, est un bijou d’écriture.
  • Claude Perron,  absolument émouvante et magnifique dans tous les compartiments du jeu.
  • Le récit de la partie de tennis entre Hemingway et Zelda qui termine nue et victorieuse sur le court est un moment d’anthologie, comme leur passage sous la douche ensuite…
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On a moins aimé

  • Dans une mise en scène par ailleurs élégante et subtile,  Michel Fau a étrangement choisi de faire une entorse au monologue en confiant quelques répliques sur le plateau au fantôme de Scott Fitzgerald (Bertrand Schol ni convaincu, ni convaincant)
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un fan de Gatsby, le magnifique pour une visite de l’envers du décor
  • Un écrivain plagiaire pour l’éclairer les ravages de cette odieuse pratique sur les plagiés
  • Un psychiatre pour l’initier aux ravages de l’insulinothérapie… et de l’alcool
  • Un pompier au cas où… 

Allez-y si vous aimez

  • Les femmes libres et entreprenantes
  • La grande vie


Infos pratiques

Mise en scène 
Michel Fau

Dates
25 mai au 19 juin 2016

Horaire
18h30 (mar-dim)

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Durée
1h15

Adresse
Théâtre du Rond-Point
2bis av. F. Roosevelt
Paris 8

Avec
Claude Perron, Bertrand Schol

Prix
-30 ans : 16€
+30 ans : 31€


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