« Britannicus »
de Jean Racine

Du 7 mai au 23 juillet 2016

Une réussite

Notre avis : UNE RÉUSSITE
-sélection MAI 2016-

Un trône illégitime. Une mère toute-puissante. Un fils capricieux. Un confident malhonnête. Deux amoureux qu’on sépare pour éviter un putsch.  Et si Britannicus était un Game of Thrones avant l’heure ?


J’aimais jusqu’à ses pleurs que je faisais couler.
©  François Guillot

©  François Guillot


La pièce en bref

Après la mort de son époux Claude, plutôt que de laisser son seul fils légitime Britannicus monter sur le trône, la reine Agrippine lui préfère son fils Néron (issu d’un autre lit, la vilaine), qui hérite par là du destin politique de Rome. Inquiet de voir son règne mis en péril par une amourette entre Britannicus et Junie, également de sang royal, il enferme la jolie et lui fait jurer de ne plus voir son bien aimé. Et tant qu’il y est, lui annonce qu’il la prendrait bien pour épouse, parce qu'Octavie, elle est sympa mais : « Mes yeux, depuis longtemps fatigués de ses soins / Rarement de ses pleurs daignent être témoins. ». Sentat la situation lui échapper, Agrippine s'empresse de calmer les ardeurs de son fils chéri : s'il en venait à épouser Junie, fini le fils à maman qui écoute bien tout ce qu’on lui glisse dans l’oreille. Sans compter sur la trahison de Narcisse, affreux coquin qui mène un double jeu meurtrier entre les deux frères Néron et Britannicus ! Bienvenu au royaume des manipulations en tous genres.

Dans un décor et des costumes très actuels — dignes d’une équipe de conseillers de cabinet ministériel — ce drame politique se distingue par sa grande sobriété, sans jamais se départir d'une pointe d’humour. Dominique Blanc incarne ici une Agrippine délicieusement manipulatrice, et l'ensemble des comédiens parvient à donner au texte de Racine un cynisme et une dimension comique insoupçonnés. La mise en scène de Stéphane Braunschweig est à la fois moderne et juste, sans jamais faire preuve d'une once de prétention. Quelle joie de voir un texte aussi réjouissant être interprété avec autant de maîtrise : on se surprendrait presque à répéter en marmonnant les alexandrins comme des groupies.


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Le Narcisse de Benjamin Lavernhe, aussi sournois que le serpent du livre de la jungle
  • Les cloisons transparentes et les multiples portes, véritables fenêtres sur les petits jeux de chacun des personnages
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On a moins aimé

  • Le volume sonore de Junie, qui nous fait perdre quelques répliques

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un sale gosse pistonné par sa maman à un poste de direction

Allez-y si vous aimez

  • Les drames politiques et familiaux


Infos pratiques

Mise en scène  
Stéphane Braunschweig

Dates
7 mai au 23 juil. 2016

Horaire
20h30 (lun-sam)
14h (sam - dim)

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Durée
2h

Adresse
Comédie Française
1 Place Colette
Paris 1

Avec
Clotilde de Bayser, Laurent Stocker, Hervé Pierre, Stéphane Varupenne, Benjamin Lavernhe, Dominique Blanc, Georgia Scalliet, ainsi que Théo Comby Lemaître, Hugues Duchêne, Laurent Rocher

Prix
-28 ans : 18€
+28 ans : 36€


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