« Bis Zum Tod »
de Markus Örhn

Du 20 au 28 mai 2016

Une réussite

Notre avis : UNE RÉUSSITE

Dans ce troisième volet de la trilogie débutée en 2011,  le suédois Markus Örhn fait tomber les murs faussement protecteurs d'une classe moyenne prisonnière de sa vision psychorigide du clan familial.


I love my life.
© Christian Kleiner

© Christian Kleiner


La pièce en bref

Ce n'est qu'après quelques minutes de déambulation sur grand écran à travers les rues désertes d'une banlieue pavillonnaire — sur un remix éminement cynique du tube de Madness, Our house — que le scandale éclate : un adolescent de 13 ans avoue à ses parents l'histoire d'amour qu'il vit avec un pédophile. Après s'être emparé du thème de l'inceste en 2011 dans Conte d'amour et de celui du néo-colonialisme en 2012 avec We love Africa and Africa loves us, Markus Örhn s'attaque ici au sentiment de haine et de rejet hautement fédérateur que nous inspire naturellement la pédophilie. Il opère par glissements successifs : on s'indigne d'abord, puis le spectacle de ce couple parental abject — entre un père vociférant et une mère maculée de sang, en train de boulotter des cacahuètes à la table de la cuisine, l'air hagard — ferait presque passer la déviance du fils pour un moindre mal !

N'allez pas croire que l'on cherche ici à cautionner les pulsions sexuelles d'un adulte envers un enfant. Voir le travail de Markus Örhn comme une simple provocation — à l'instar de la douzaine de spectateurs qui ont quitté la salle le soir de la première, visiblement aterrés — serait une grossière erreur : on ne nous demande pas de « comprendre » la pédophilie, mais plutôt de la considérer comme un véritable éclairage sur ce que la société dans laquelle nous vivons cache de plus terrible et de plus paradoxal.


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • Le dispositif vidéo, qui scinde l'espace scénique en deux parties et nous donne à voir l'envers du décor.
  • Le post it « I love my life » collé sur le miroir de la salle de bain. 
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On a moins aimé

  • Le volume sonore, qui nécessite de porter des boules quiès. Marrant, mais plutôt inconfortable après 2h40 de représentation !

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un ami peu impressionnable
  • Un amateur de black metal

Allez-y si vous aimez

  • Les spectacles clivants
  • Les huis clos à l'hémoglobine


Infos pratiques

Mise en scène  
Markus Örhn

Dates
20 au 28 mai 2016

Horaire
19h30 (mar-sam)
15h (dim)

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Durée
2h40

Adresse
T2G
41 av. des Grésillons
92230 Gennevilliers

Avec
Elmer Bäck, Anders Carlsson, Jakob Öhrman, Rasmus Slätis, Janne Lounatvuori, Linus Öhrn, Derek Holzer

Prix
-30 ans : 13€
+30 ans : 24€


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