« Avenir radieux,
une fission française » 
de Nicolas Lambert

Du 14 au 30 décembre 2016

Une réussite

Notre avis : une réussite

Ce deuxième volet de la trilogie, coincé entre le bleu du pétrole et le rouge de l'armement, laisse parler le blanc de l'atome français, depuis ses débuts prétendument gaulliens jusqu'à la langue de bois de Nicolas Sarkozy.


C’est l’avantage des hommes politiques, ils n’ont pas besoin de dire la vérité.
© Erwan Temple

© Erwan Temple


La pièce en bref

Mais pourquoi diable y a-t-il des publicités pour EDF ? On va bien continuer à allumer la lumière, le four et la télé, même sans ça, non ? Depuis qu'on sait produire de l'énergie, on ne peut plus s'en passer. Dans certains pays, comme la France, on veut même aller au-delà de la simple consommation. On vise l'indépendance énergétique, à tout prix. Quitte à laisser de côté le problème des déchets nucléaires transitant par les centres-villes. Sur ce détail, on n'aura pas plus d'informations : le nucléaire civil français est classé secret défense. Dans ce deuxième volet, le plus réussi des trois esthétiquement parlant, Nicolas Lambert met le doigt sur la question de la transparence politique et énergétique de notre pays. Le problème, c'est que « le Français n'aime pas informer. Enfin, informer pour informer ». Areva et EDF boudent les interviews, évitent les questions qui fâchent, et continuent de produire de l'électricité à partir de réacteurs vieillissants et fissurés.

Entre deux bouffées de pipe et trois volutes de fumée, Nicolas Lambert nous fait le récit de la vague d'attentats qui a frappé la France dans les années 1980. Déjà, à l'époque, on les qualifiait d'islamistes, d'extrémistes — mais c'était un combat acharné pour le marché français de l'énergie qui était en cause. Les discours de Sarkozy à Flamanville ou de Louis Armand à l'Assemblée Nationale n'amélioreront pas les conditions de travail des précaires du nucléaire qui peinent à joindre les deux bouts. Le succès de la pièce tient à l'équilibre qu'a su trouver un intermittent du spectacle pour raconter la vie de ces intermittents de l'atome, de ces invisibles des centrales, de leurs patrons, et des politiques qui cherchent toujours à aller plus loin, plus vite, dépassant les seuils de tolérance de l'opinion publique et de la radioactivité. 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • La création sonore, franchement excellente.
  • Les projections en fond de scène.
  • Rentrer chez nous et nous coucher moins bête.
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On a moins aimé

  • Le rythme un peu monotone.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un pote qui pense que le nucléaire, c'est propre.
  • Votre sœur qui n'éteint jamais la lumière.
  • Quelqu'un qui gagne 9,80€ de l'heure.

Allez-y si vous aimez

  • Vous prendre un député.
  • Les scandales politico-industriels.


Infos pratiques

Mise en scène 
Nicolas Lambert

Dates
14 au 30 déc. 2016

Horaire
21h15 (mer-sam)
17h (dim)
 

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Durée
2h

Adresse
Théâtre de Belleville
94 rue du Fbg du Temple
Paris 11

Avec
Nicolas Lambert
Eric Chalan


Prix
-26 ans : 10€
-30ans : 15€
+30 ans : 25€


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