« Anna Karénine»
d'après Léon Tolstoï

Du 12 mai au 12 juin 2016

Une réussite

Notre avis : UNE RÉUSSITE

Transposition théâtrale réussie du roman Anna Karénine où l’émancipation de la femme se joue sur fond de critique du règne inique des nantis.


Moi qui ai toujours tout maîtrisé, que m’arrive-t-il ? 
©  Antonia ozzi

©  Antonia ozzi


La pièce en bref

La pièce s’ouvre et se clôt par le Lacrimosa du Requiem de Mozart. Anna Karénine, « la plus jolie femme de toute la Russie », venue de Saint-Pétersbourg jusqu’à Moscou pour voir son frère Stépan débusqué par sa femme Daria pour ses égarements conjugaux, descend du train et fait la connaissance de l’homme de sa vie et de sa perte, l’officier Vronski. Présage funeste, sous leurs yeux, un ouvrier meurt sur les rails. Si les histoires d’amour finissent mal en général, dans le roman de Tolstoï, le début et l’issue relèvent de la tragédie. Anna tombe folle amoureuse de Vronski lors d’un bal où Kitty, sœur de Daria, amoureuse de Vronski, voit son rêve partir en fumée. Lévine, propriétaire terrien, humaniste et chantre de la méritocratie, conquiert alors Kitty qu’il adore. Anna quitte son mari, abandonne son jeune fils. Elle s’affranchit de la bienséance morale, sociale, jusqu’à l’isolement, au mépris de tous et au désamour de Vronski pour qui amour ne rime pas avec toujours.

Si cette fresque elliptiquement résumée présage un mélodrame, la réussite du metteur en scène Gaëtan Vassart tient à son adaptation rythmée, sa dramaturgie, sa direction d’acteurs conjuguant énergie, humour, distanciation. Il dresse le portrait d’une femme émancipée acceptant de chavirer. Chez Daria et Kitty, le désir de liberté s’exprime mais moins radicalement. Dans la pièce résonnent les écueils du capitalisme (les « sans-dents » tentant de subsister dans une société de privilèges tenue par des élites auto-proclamées). La fin éloquente de ce spectacle souligne la consolation de notre égalité face à la mort. Anna Karénine éteint seule la chandelle après l’avoir brûlée par les deux bouts.


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • La scène du bal au rythme de « La Valse à mille temps » de Jacques Brel.
  • L’interprétation malicieuse d’Émeline Bayart dans le rôle de Daria.
  • La demande en mariage de Lévine à Kitty.
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On a moins aimé

  • La scène pathétique où Anna Karénine risque de mourir à la naissance de son deuxième enfant.
  • Le rideau argenté scintillant en fond de scène.
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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un/e féministe
  • Un amateur d’adaptations théâtrales de romans
  •  Un fan de l’actrice Golshifteh Farahani

Allez-y si vous aimez

  • Les histoires passionnelles
  • « La tragique beauté de la tempête »


Infos pratiques

Mise en scène  
Gaëtan Vassart

Dates
12 mai au 12 juin 2016

Horaire
20h (mar-sam)
16h (dim)

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Durée
2h20

Adresse
Théâtre de la Tempête
La Cartoucherie
Paris 12

Avec
Golshifteh Farahani, Émeline Bayart, Xavier Boiffier, Sabrina Kouroughli, Xavier Legrand, Manon Rousselle, Igor Skreblin, Stanislas Stanic, Alexandre Steiger 

Prix
-26 ans : 12€
+26 ans : 20€


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