« 2666 »
de Roberto Bolano

Du 10 septembre au 16 octobre 2016

A ne pas manquer

Notre avis : A NE PAS MANQUER
- SÉLECTION SEPTEMBRE 2016-

Julien Gosselin n’a pas 30 ans et n’a peur de rien. Il s’attaque au roman fleuve du chilien Roberto Bolano, « 2666 », œuvre gigantesque qu’il transforme avec bonheur en Odyssée théâtrale. Si vous voyez l'intégrale, il faut prévoir la journée. 11 heures précisément, dont 8 de théâtre et 3 d'entr'actes. 


Il y a des bouées de sauvetage qui flottent … et d’autres qui coulent à pic ! 
©  Simon Gosselin

©  Simon Gosselin


La pièce en bref

 C'est un marathon pour tout le monde, public et comédiens. Rien d’extravagant en fait pour l’adaptation d’un roman qui fait lui-même plus de 1300 pages dans sa version de poche. 5 parties, dans le livre comme dans la pièce, très fidèle au roman. 5 histoires en une. Des digressions partout. Impossible à résumer en un feuillet. Tentons le diable, puisqu’après tout 666 est le chiffre de la Bête dans l’Apocalypse ! Quatre experts littéraires européens, très épris les uns des autres  - ils font l’amour dans presque toutes les configurations, c’est toujours ça de pris - partent à la recherche d’un écrivain allemand prolixe et mystérieux qui ne veut voir personne. Leur (en)quête mène nos experts jusqu’au nord du Mexique dans le désert du Sonora où les usines poussent plus vite que le peyotl mais où les femmes tombent comme des mouches, préalablement violées, torturées, mutilées, sans que jamais leurs assassins ne soient retrouvés ni vraiment recherchés. L’hécatombe a vraiment eu lieu à Ciudad Juarez entre 1995 et 2003. Dans ce maelström mortifère qui enjambe le siècle (2000 + 666 = 2666), quelques personnages de passage – un peintre, un poète, un philosophe - cherchent le salut dans l’art et la pensée. D’autres dans la dérision ou la folie. On croise ici un ventriloque convaincu que son pantin est vivant et s’apprête à le tuer, là une voyante autodidacte qui devient naturellement une vedette de la télévision, là encore un ancien Black Panther reconverti dans la prédication et les recettes de cuisine : « Les côtelettes ne sont pas une solution ! ».

C’est parfois drôle, surtout terrifiant et haletant d’un bout à l’autre. Et pour tout ça me direz-vous, quel dispositif ?  Une douzaine de comédiens, pas plus. Trois cubes de verre mobiles, de grands écrans partout. Beaucoup de musique, beaucoup de vidéo, beaucoup de texte - à entendre et à lire. On descend de ce train d’enfer à la nuit bien tombée en cherchant l’air, complètement abasourdi, vidé, soulagé de laisser derrière soi ce cauchemar magnifique et très heureux de l’avoir vécu et partagé, en se disant : attention chef d’œuvre ! 


Envie de plus de théâtre ?


On a aimé

  • La qualité du casting. Tous les comédiens sont merveilleux d’un bout à l’autre,  des athlètes de la scène, polyvalents et polyglottes.
  • Le respect du texte. C’est paradoxal pour un pari aussi fou, mais Julien Gosselin adapte le roman de Bolano à la lettre, avec humilité.
On a moins aimé.png

On a moins aimé

  • L'omniprésence de la vidéo. Le plateau disparait parfois si longtemps derrière les écrans qu’on a le sentiment désagréable (fort heureusement passager) d’être face à un reality show télévisé. 

 

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Avec qui faut-il y aller ? 

  • Un globe-trotter pour lui prouver qu’on peut aussi faire de grands voyages assis (voir Levi-Strauss). 
  • Donald Trump ou un de ses disciples européens pour leur montrer un autre Mexique et les ravages du libéralisme sauvage.
  • Un machiste ordinaire pour le convertir.

Allez-y si vous aimez

  • Les beaux livres illustrés.
  • Les grandes traversées.
  • Les journées particulières.

 


Infos pratiques

Mise en scène  
Julien Gosselin

Dates
10 sept. au 16 oct. 2016

Horaire
11h (sam-dim)
18h (mer-jeu)

Durée.png

Durée
11h05

Adresse
Ateliers Berthier
1, rue André Suares
Paris 17

Avec
Rémi Alexandre, Guillaume Bachelé, Adama Diop, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Antoine Ferron, Noémie Gantier, Carine Goron, Alexandre Lecroc-Lecerf, Frédéric Leidgens, Caroline Mounier, Victoria Quesnel, Tiphaine Raffier

Prix
-28 ans : 20€
+28 ans : 54€


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